Au Mali, les violences conjugales constituent une problématique alarmante, en constante progression. Enracinées dans des normes patriarcales, des traditions sociales et des inégalités économiques, elles laissent des séquelles profondes sur les victimes, qu’elles soient femmes ou hommes. Malgré des avancées juridiques, l’accès à la justice est semé d’embûches. Ce dossier explore les causes, les conséquences et les efforts en cours pour y remédier.
Les violences conjugales au Mali trouvent leurs racines dans plusieurs facteurs interconnectés. Il y a les normes patriarcales et culturelles qui fait la société malienne valorise l’autorité masculine dans le foyer, ce qui peut légitimer des comportements abusifs.
Le poids des traditions pousse souvent les femmes à endurer les violences plutôt qu’à les dénoncer, par peur du rejet ou de la honte, le manque d’autonomie financière empêche de nombreuses victimes de quitter leur agresseur. Il y a aussi les pressions familiales surtout de la belle-famille qui peut parfois inciter ou justifier les violences, aggravant la situation.
Selon une ONG spécialisée, 9540 cas de violences basées sur le genre ont été recensés en 2021, 14 264 en 2022 (+49 %), et près de 16 000 en 2023, soit une moyenne de 1333 cas par mois.
Parmi celle-ci nous avons les troubles anxieux, dépression, stress post-traumatique, troubles du sommeil et de l’alimentation.
Outre, il y a également l’humiliation, perte du sens de soi, conflits intérieurs liés à l’attachement à l’agresseur ou aux enfants. Dans le domaine social isolement, rejet communautaire, dépendance économique, difficultés professionnelles.
Malgré l’adoption de la loi n°2024-027 modifiant le Code pénal pour inclure des dispositions spécifiques contre les violences conjugales, peu de survivantes portent plainte. Les obstacles sont nombreux : peur des représailles, manque de soutien, lenteur des procédures.
Le gouvernement a mis en place un Programme national pour l’abandon des violences basées sur le genre, porté par le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la Famille. Pour beaucoup d’associations et ONG de défense des droits des femmes, les défis restent immenses.
La violence conjugale au Mali est une réalité complexe, souvent tue, mais aux conséquences dévastatrices. Elle ne touche pas uniquement les femmes, mais aussi les hommes, bien que leur souffrance soit moins reconnue. Pour espérer un changement durable, il faut conjuguer réformes juridiques, sensibilisation sociale, autonomisation économique et accompagnement psychologique.
Assitan Diarra
(stagiaire)
Source: Mali-Tribune

