Alors que les chiffres des violences conjugales au Mali ne cessent d’augmenter près de 16 000 cas recensés en 2023 selon une ONG spécialisée, la parole citoyenne révèle une réalité complexe, souvent marquée par le silence, la peur et les normes sociales. À Bamako, nous avons tendu le micro à quelques passants pour recueillir leurs perceptions sur ce phénomène.
Bocar (comptable) :
« Les violences conjugales sont en train de gangrener la société malienne. Il faut des mesures concrètes et urgentes pour y mettre fin ».
Niamoye Maïga (ménagère) :
« Pour moi, c’est surtout un manque de communication entre l’homme et la femme. Si le dialogue existait vraiment dans le couple, il n’y aurait pas autant de violences ».
Fatoumata (commerçante) :
« Beaucoup de femmes souffrent en silence. On leur dit que c’est normal dans le mariage. J’ai vu des voisines battues, mais elles restent pour les enfants ou par peur du qu’en-dira-t-on ».
Moussa (chauffeur de taxi) :
« Ce n’est pas seulement les femmes. Des hommes aussi sont victimes, mais ils ont honte de parler. La société pense que l’homme doit toujours être fort ».
Aminata (étudiante en droit) :
« Le viol conjugal n’est même pas reconnu par la loi. Et quand une femme veut porter plainte, elle est souvent découragée par sa famille ou les autorités ».
Ibrahim (chef de quartier) :
« Il faut sensibiliser les jeunes couples. Les traditions ne doivent pas justifier la violence. Le respect mutuel doit être la base du foyer. Et l’État doit renforcer les lois et les sanctions ».
Mariam (infirmière) :
« Les conséquences sont graves. Je vois des femmes traumatisées, isolées, dépressives. Et les enfants aussi souffrent. C’est un cercle vicieux ».
Réalisé par:
Assitan Diarra
(stagiaire)
Source: Mali-Tribune

