La mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a procédé hier 11 décembre 2023 à la cérémonie de clôture de son opération de paix au Mali laissant place désormais à la phase de liquidation qui entamera le 1er janvier 2024 à travers ses camps à Gao et à Bamako. Du mois d’août à ce jour, dix Bases sur treize ont été rétrocédés aux autorités maliennes.
Après 10 années de combat acharné pour la restauration de la paix, la stabilité au Mali et la promotion des droits de l’Homme, voici la mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), qui s’en va désormais.
A cette occasion, le chef de la mission, El Ghassim Wane, en présence de son personnel complet et des hauts cadres des Nations-Unies, a adressé ses vœux de remerciements et d’adieu au gouvernement du Mali, ses partenaires et les acteurs de la société civile.

Il a exprimé en occurrence, avec fierté, sa conviction pour le travail accompli au Mali par la mission. Mais il a aussi reconnu les limites de leurs actions et a rappelé que la mission n’a pas pour vocation de jouer un rôle de substitution.
Le Chef de la Minusma a aussi rendu hommage à ses différents prédécesseurs qui ont tout aussi contribué à cette opération de paix dans toute sa complexité, au regard des défis politiques et sécuritaires.
«A tous ces pays et leur gouvernance, je voudrais vous dire un grand merci. Ni l’omniprésence du danger couru, ni la complexité du défi à relever ne sont venues à bout de leur détermination» a-t-il félicité. Il a exhorté à la réalisation du bilan des acquits majeurs et defis restants
Après ce départ, vient la phase de la liquidation des biens matériels de la Minusma qui se deroulera dans un bef délai selon Atul Kharé, le Secrétaire général adjoint chargé du soutien opérationnel aux Missions.

«Alors que nous prévoyons habituellement une période de 18 mois pour liquider une mission de maintien de la paix. Nous allons nous efforcer de raccourcir le délai pour la liquidation de la Minusma car nous souhaitons nous concentrer sur un nouveau chapitre avec l’ONU et le Mali. Nous souhaitons travailler étroitement avec vous dans cette nouvelle étape dans laquelle les Nations-Unies pourront appuyer le Mali en termes de développement, démocratie ou encore de Droits humains pour certaines zones. Alors que nous nous approchons de la période de liquidation qui débutera le 1er janvier 2024» a-t-il éclairé. Il annonça que Alain Noudehou, adjoint au chef de la Minusma prend la charge supplémentaire d’être chef de liquidation de la mission au Mali. Il sera soutenu par le directeur de l’appui à la mission, Anton Antchev, qui va lui aussi rester dans le pays pour mettre en œuvre la liquidation.
A cette cérémonie, nous pouvions tantôt remarqué la nostalgie que laissera ce retrait, de par des liens amicaux tissés entre de différentes nationalités, de différents catégories de personnels et d’acteurs, la familiarisation des pays étrangers à la culture malienne dans toute sa diversité, notamment les plats culinaires, l’art, la musique et même la bienséance. M. Wane a salué les peuples maliens pour l’hospitalité et la richesse culturelle. «Nous partons toutes et tous avec le Mali en nous, solidaires aux aspirations de son peuple, à la paix, à la sécurité et au développement».

Pour la réalisation de son mandat, la Minusma a collaboré avec des partenaires internationaux comme le Serval, Barkhane et la Force Takuba, l’Union Européenne et ses missions de formations; l’Union Africaine à travers la Mi-Sahel; la Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest, la Médiation Internationale mises en place dans le cadre de l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger sous la direction de son chef de fil, l’Algérie et différents partenaires bilatéraux du Mali y compris les membres du Conseil de Sécurité.
Nous rappelons que dans deux semaines, la Minusma fermera définitivement ses portes conformément à la résolution 2690 qu’a été faite suite à la demande des autorités maliennes pour le retrait de la mission.
«Ce processus a vu la clôture depuis début août, de dix bases sur les treize dont nous disposions dans le centre et le nord du Mali ainsi qu’à Bamako. Vendredi dernier, le secrétaire adjoint, Atul Khare et Moi-même, avons assisté à la rétrocession dans un état pleinement fonctionnel du camp de Mopti, aux autorités civiles maliennes. Dans les jours à venir, nous leurs rétrocèderons certaines parties des emprises restantes de la Minusma qui seront convertis en sites de liquidation à partir du 1er janvier 2024. Tous les personnels civils et en uniforme de la mission non concernés par la phase de liquidation auront quitté le Mali d’ici le 31 décembre 2023 au plus tard dans le respect du délai prescrit par le conseil de sécurité. Plus des deux tiers de nos effectifs sont retournés à leur pays respectifs» a informé El Ghassim Wane,Chef de la Minusma.
Il a salué le courage, la résilience et la créativité des personnels civils et militaires, nationaux et internationaux, dans l’exécution de ce retrait qualifié d’une des plus larges opérations de maintien de la paix des Nations-Unies. «La particularité se justifie par le délai exceptionnellement court et les conditions logistiques et sécuritaires extrêmement complexes» a-t-il indiqué.
Aspects à retenir…
Nous rappelons que plus de 300 casques bleus ont perdu la vie au cours de l’opération de maintien de la paix et de la stabilité au Mali et plus de 700 ont été blessés. A l’occasion du depart officiel de la mission, un hommage a été rendu à ces soldats disparus et à la mémoire de toutes les victimes maliennes civiles ou militaires du Mali et du Sahel en général.

La Minusma a remplacé la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma). Le Représentant de la Minusma, El Ghassim Wane a cité quelques actions réalisées malgré les difficultés remarquables sur le terrain. Il a souligné l’action multiforme menant en appui à la mise en oeuvre pour l’accord, la paix et la réconciliation; le soutien au processus de retour à l’ordre constitutionnel dans le cadre de la transition en cours; l’appui à la stabilisation des régions centrale du Mali; la protection des civils dans les zones où la mission était déployée.
«De milliers de projets socio-économiques et autres mis en œuvre à des fins de stabilisation et la facilitation de l’assistance humanitaire. La réhabilitation et la construction d’infrastructures diverses et leurs protections dans certains cas l’appui à la restauration de l’autorité de l’Etat, l’assistance apportée aux forces de sécurité et de défense (Famas) dans le respect de la politique d’utilisation de diligence voulu des Nations-Unies en matière de Droits de l’Homme et l’accompagnement des efforts nationaux de promotions et de protection et de Droits de l’Homme» a-t-il ajouté en poursuivant que la population ont apprecié et reconnu ces acquis.
Fatoumata Kané

