PRODUITS DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ: Kati plus cher que Bamako

Située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la ville de Kati connaît une hausse préoccupante des prix des produits de première nécessité. Huile, sucre, lait en poudre et riz y coûtent généralement plus cher que dans la capitale. Commerçants et consommateurs mettent en cause les frais de transport, la crise du carburant et les difficultés d’approvisionnement.

La proximité de Bamako ne garantit pas aux habitants de Kati des prix plus abordables. Bien au contraire, les consommateurs de cette ville voisine de la capitale doivent souvent débourser davantage pour se procurer les produits alimentaires essentiels. Cette différence, parfois importante, pèse lourdement sur les budgets des ménages déjà fragilisés par la hausse générale du coût de la vie.

À Bamako, les grossistes tentent de contenir les prix malgré les difficultés d’approvisionnement. Moulaye Maïga, boutiquier et vendeur en gros, affirme s’efforcer de maintenir des tarifs accessibles à ses clients.

« Le bidon d’huile de 20 litres est vendu à 20 000 F CFA. Le sac de sucre varie de 24 500 à 26 000 F CFA. Celui du lait en poudre coûte entre 45 000 et plus de 50 000 F CFA, selon la qualité. Quant au sac de riz, il est cédé entre 20 000 et 25 000 F CFA », détaille-t-il.

Ces prix sont cependant soumis aux contraintes liées au transport et aux conditions climatiques. En période d’hivernage, le mauvais état de certaines routes ralentit considérablement l’acheminement des marchandises.

« Il faut parfois compter jusqu’à une semaine pour recevoir les produits, alors qu’en saison sèche le trajet prend entre trois et quatre jours », explique Moulaye Maïga. Ces retards entraînent des dépenses supplémentaires qui finissent par se répercuter sur les prix de vente.

À Kati, les conséquences de cette chaîne d’approvisionnement se font immédiatement sentir. La plupart des produits consommés dans la ville transitent d’abord par les magasins et entrepôts de Bamako avant d’être acheminés vers les grossistes et les détaillants locaux.

Karamoko Diallo, gérant d’une boutique de vente en gros et en détail, confirme l’écart des prix entre les deux villes. Chez lui, le sac de sucre coûte entre 25 000 et 27 500 F CFA, tandis que le sucre vendu au détail peut atteindre 600 F CFA le kilogramme. Le bidon d’huile de 20 litres est proposé à 21 000 F CFA, contre 1 100 F CFA pour le litre au détail.

Le sac de lait en poudre varie, quant à lui, de 50 000 à 60 000 F CFA, selon la qualité. Au détail, le kilogramme se négocie entre 4 000 et 5 500 F CFA. Le sac de riz est vendu entre 20 250 et 26 500 F CFA.

« Les produits sont d’abord stockés à Bamako avant d’être acheminés vers Kati. La crise du carburant et les frais de transport sur cette distance expliquent la différence des prix », soutient Karamoko Diallo.

Pour rester compétitifs et conserver leur clientèle, certains grossistes affirment être contraints de réduire leurs marges bénéficiaires. Mais cette stratégie atteint rapidement ses limites lorsque les dépenses de transport et de manutention continuent d’augmenter.

Les détaillants, dernier maillon de la chaîne commerciale, doivent également préserver la rentabilité de leurs activités. Moussa Maïga, boutiquier à Kati, explique qu’il applique une marge comprise entre 1 000 et 5 000 F CFA sur certains produits achetés auprès des grossistes.

Selon lui, cette différence permet de couvrir les frais de déplacement, de transport et de manutention. Elle contribue cependant à renchérir davantage les produits au moment où ils arrivent entre les mains du consommateur.

Ainsi, à chaque étape du circuit — entreposage à Bamako, acheminement vers Kati, vente en gros puis au détail — de nouveaux coûts viennent s’ajouter. Au bout de la chaîne, ce sont les familles qui supportent l’essentiel de la hausse.

« On survit au jour le jour »

Pour les ménages, les variations répétées des prix réduisent considérablement les possibilités de planification des dépenses. Fatoumata Diarra, femme au foyer, dit avoir été obligée de revoir les habitudes alimentaires de sa famille.

« La hausse, nous la subissons depuis longtemps. Cela a été un coup dur. Nous avons été obligées d’ajuster nos habitudes d’achat pour respecter notre budget. Avec les prix qui augmentent de façon imprévisible sans réellement baisser, il devient difficile de varier notre alimentation. On survit au jour le jour », déplore-t-elle.

Cette situation met en évidence la vulnérabilité de Kati, malgré sa proximité avec la capitale et la disponibilité locale de certaines matières premières. Tant que la distribution dépendra fortement de Bamako et que les coûts de transport resteront élevés, les habitants continueront de payer plus cher leurs denrées essentielles.

L’amélioration des circuits de distribution, la réduction des intermédiaires et la mise en place d’espaces locaux de stockage pourraient contribuer à limiter les écarts. En attendant, à Kati, chaque hausse supplémentaire impose aux familles de nouveaux sacrifices.

Mariam dite Maya Doucouré

Stagiaire

Source: Mali-Tribune

Laisser un commentaire