À quelques semaines de la fin de sa mandature, l’Ambassadrice des États-Unis d’Amérique au Mali, Rachna Korhonen, a livré un témoignage empreint d’émotion devant la presse malienne, des entrepreneurs et des proches venus l’écouter. La rencontre, organisée sous le thème évocateur « The Mali I Carry With Me » / « Le Mali que j’emporte avec moi », s’est tenue ce 28 août 2026, dans les locaux de Garden Grid, entreprise malienne spécialisée dans l’agritech, qui a accueilli l’événement.




Ce cadre d’échanges à la fois amical et solennel a permis d’immortaliser des souvenirs du Mali, d’échanger sur les expériences et les initiatives qui ont marqué le parcours de l’Ambassadrice des États-Unis d’Amérique au Mali, Rachna Korhonen.
Devant un parterre de journalistes et d’acteurs économiques, la diplomate a tenu à rappeler que les projets menés durant son mandat, notamment dans le domaine de l’assainissement, comme l’a souligné la journaliste Niania Traoré de l’ORTM, ne sont pas, selon elle, des initiatives venues de l’extérieur. Pour l’Ambassadrice, le véritable moteur du développement reste la population malienne elle-même, dont elle loue sans détour le sens des affaires.
C’est d’ailleurs cette conviction qui a guidé une grande partie de son action : soutenir les jeunes entrepreneurs et les accompagner vers l’autonomie plutôt que vers la dépendance à l’aide extérieure. Interrogée par l’homme d’affaires Sampy sur la pérennité de cet accompagnement après son départ, elle a laissé entendre que les fondations posées durant son mandat étaient conçues pour perdurer.
Des relations bilatérales apaisées

Sur le climat diplomatique entre le Mali et les États-Unis, une question posée par le journaliste Kalambry Alexis, Rachna Korhonen est restée discrète, préférant ne pas faire elle-même son propre bilan. C’est son interprète, Moussa Seydou Konaté, qui a résumé le sentiment général : depuis l’arrivée de l’Ambassadrice, les deux pays se comprennent mieux, et son passage à Bamako a permis de réelles avancées dans la relation bilatérale.
Un attachement personnel au pays
Au-delà du bilan institutionnel, c’est une femme visiblement touchée par la culture malienne qui s’est exprimée. Rachna Korhonen a affirmé que son départ officiel ne serait pas un adieu définitif : elle laisse derrière elle son fils, resté au Mali, ainsi que de nombreux amis. « Je repars avec une partie du Mali », a-t-elle confié, évoquant les souvenirs et les relations tissées au fil des années. Elle a retenu de son expérience malienne la gentillesse, l’effort et le sens aigu des affaires des maliens au point de conclure son intervention par quelques mots en bambara, sous les applaudissements de l’assistance.

L’un des temps forts de la rencontre a été le message adressé aux entrepreneurs locaux. Selon l’Ambassadrice, il ne revient pas aux étrangers de financer les entrepreneurs maliens : «le pays dispose de ressources suffisantes, et ce sont les Maliens eux-mêmes qui doivent investir dans leurs propres entreprises». «Les relations entre le Mali et les États-Unis ne datent pas d’hier. Nous sommes de très bons amis, nous sommes là, et nous comptons y rester », a-t-elle martelé.
Ce message trouve un écho concret dans réseau de patronat américain, dont Rachna Korhonen est à l’origine, nous a informé Moussa Seydou Konaté. Rattaché à ce réseau patronal présent dans plus de cent pays et connecté à la chambre de commerce de Washington, ce dispositif illustre la philosophie défendue par la diplomate : «remplacer les modèles d’aide traditionnels, jugés peu durables, par de véritables coopérations économiques». Le fondateur de Garden Grid a notamment attiré l’attention des entrepreneurs sur des opportunités commerciales encore sous-exploitées, à l’image de la mangue malienne, aujourd’hui exportée vers les États-Unis par un membre de la chambre de commerce américaine et pour laquelle la demande américaine reste largement insatisfaite.
Garden Grid, vitrine d’une agriculture urbaine repensée

Le choix de Garden Grid comme lieu d’accueil n’était pas anodin. Cette entreprise agritech développe une plateforme destinée à aider les particuliers, familles et organisations à créer et suivre leurs jardins, y compris en milieu urbain où l’espace se fait rare. Simple d’usage, la solution peut aussi s’appuyer sur des capteurs connectés et l’intelligence artificielle pour analyser les besoins des cultures à partir des images et proposer un accompagnement sur mesure.
Autour de trois priorités: “autosuffisance alimentaire, solutions adaptées aux réalités locales et jardinage à travers la valorisation des petits espaces (cours, balcons, écoles)”, Garden Grid entend démocratiser une agriculture urbaine plus fraîche, plus locale et plus responsable, en phase avec le message d’autonomie porté par l’Ambassadrice lors de cette rencontre.
Fatoumata Kané

