Pharmacist assisting a customer at Al-Barka pharmacy counter

RÉGION DE NIORO: L’UNTM alerte sur la suspension de l’Amo

Depuis le 23 juillet 2026, les prestations de l’Assurance maladie obligatoire (Amo) sont suspendues dans les pharmacies privées de la Région de Nioro. À cette difficulté s’ajouteraient des pénuries de médicaments ainsi que des retards dans les campagnes de prévention du paludisme et de distribution gratuite de moustiquaires. L’Union régionale des travailleurs interpelle son Bureau exécutif national face à une situation qu’elle juge « intenable ».

La situation sanitaire dans la Région de Nioro suscite une vive inquiétude chez les travailleuses et les travailleurs. Dans une correspondance adressée au secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), le responsable de l’Union régionale tire la sonnette d’alarme sur plusieurs dysfonctionnements qui affecteraient directement les agents et leurs familles.

La principale préoccupation porte sur la suspension, depuis le 23 juillet dernier, des prestations de l’Assurance maladie obligatoire (Amo) dans les officines privées de la région. Cette interruption contraint les assurés à supporter entièrement le coût de leurs médicaments, malgré les cotisations versées au régime.

Selon le secrétaire général de l’Union régionale, plusieurs démarches ont été entreprises auprès du représentant des pharmacies, des organismes gestionnaires délégués — notamment la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) et l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) — ainsi qu’auprès des autorités administratives. Ces initiatives n’auraient, pour le moment, permis aucun déblocage.

L’organisation syndicale rappelle que la convention permettant la mise en œuvre de l’Amo dans les pharmacies a été signée par l’État, à travers la Caisse nationale d’assurance maladie (Canam). Dès lors, estime-t-elle, les travailleurs, directement pénalisés par la suspension des prestations, sont fondés à interpeller leur employeur afin qu’une solution soit trouvée.

Face à la persistance de la crise, le bureau de l’Union régionale a sollicité une rencontre avec le Gouvernorat de Nioro. Une délégation syndicale a ainsi été reçue, le 11 août 2026, par le conseiller aux Affaires économiques et financières du gouverneur, qui représentait le chef de l’exécutif régional alors en déplacement.

Malgré cette démarche, l’inquiétude demeure. Le secrétaire général rappelle que les organisations syndicales ont signé avec le gouvernement un pacte de stabilité sociale et de croissance assorti d’une trêve sociale. Mais, prévient-il, cet engagement ne signifie pas que les syndicats doivent rester silencieux face aux difficultés vécues par les travailleurs.

« Lorsque le dialogue social engagé par l’Union régionale avec les autorités régionales s’avère inefficace, nous ne pouvons que remonter le dossier à notre Bureau exécutif national pour qu’il puisse prendre le relais, car le temps presse. Nous ne jugeons personne, mais nous dénonçons une situation sanitaire lamentable », déclare-t-il.

La suspension des prestations de l’Amo ne serait que l’un des nombreux problèmes sanitaires signalés. L’Union régionale évoque également des difficultés d’approvisionnement en médicaments, susceptibles de perturber le fonctionnement normal des structures sanitaires.

Elle s’inquiète aussi du retard accusé dans la campagne de prévention contre le paludisme. Selon le syndicat, celle-ci n’aurait pas encore commencé dans la Région de Nioro, alors que d’autres localités du pays en seraient déjà à leur deuxième passage. Ce retard serait lié à l’indisponibilité des intrants nécessaires à la mise en œuvre de l’opération.

La campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées constitue une autre source de préoccupation. Alors que l’opération devait, selon l’Union régionale, être achevée depuis juillet, elle n’aurait toujours pas été organisée à Nioro, faute de moustiquaires disponibles.

« Une région qui manque de médicaments parce qu’on n’arrive pas à s’en procurer ; une région où la campagne de prévention contre le paludisme n’a pas encore commencé ; une région qui n’a pas pu organiser la campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires… C’est vraiment inquiétant », déplore le responsable syndical.

Estimant avoir épuisé les recours au niveau régional, l’Union régionale sollicite désormais l’intervention du Bureau exécutif national de l’UNTM. Elle espère que cette saisine permettra d’engager des démarches auprès des autorités nationales, de la Canam et des autres organismes concernés.

Pour les syndicalistes, l’urgence est de rétablir les prestations de l’Amo, d’assurer l’approvisionnement des structures sanitaires et de lancer les campagnes de prévention en attente. Il s’agit, soulignent-ils, de soulager les travailleuses, les travailleurs et leurs familles qui, malgré un contexte difficile, continuent d’assurer leurs missions au service du pays.

Ibrahima Ndiaye

Source: Mali-Tribune

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