NATHALIE SIDIBE, FIGURE DU LEADERSHIP FEMININ AU MALI: « Si cette Journée n’existait pas, il aurait fallu l’inventer »

À l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine (Jifa), célébrée chaque 31 juillet, Mali Tribune donne la parole à Nathalie Sidibé, figure du leadership féminin au Mali. Elle revient sur la portée de cette journée, les avancées réalisées par les femmes africaines, et les défis qui restent à relever. Entretien.

Mali Tribune : Quelle est, selon vous, la signification profonde de la Journée internationale de la femme africaine et pourquoi est-il crucial de la célébrer chaque 31 juillet ?

Nathalie Sidibé : Cette journée est avant tout un hommage aux femmes africaines et à leur rôle fondamental dans nos sociétés. Elle incarne la quête de justice, l’amélioration des conditions de vie et la reconnaissance du leadership féminin. C’est aussi un moment de célébration des progrès accomplis dans les domaines sociaux, économiques, culturels et politiques. Si cette journée n’existait pas, il aurait fallu l’inventer.

Mali Tribune : Quels progrès les femmes africaines ont-elles réalisés dans le leadership, l’éducation ou l’entrepreneuriat ?

N. S. : Les avancées sont notables ! Dans le domaine du leadership, les femmes s’affirment de plus en plus. Nous avons eu des ministres, des parlementaires, une Première ministre au Mali, et des présidentes en Tanzanie, au Libéria ou encore en Namibie. Sur le plan de l’éducation  de nombreux programmes permettent à davantage de filles d’accéder à l’école, car le développement durable passe nécessairement par l’inclusion des femmes. S’agissant  du domaine de l’entrepreneuriat beaucoup de femmes créent leurs propres entreprises, soutenues par des associations et des initiatives qui renforcent leurs capacités.

Mali Tribune : Quels sont les grands défis pour la femme malienne aujourd’hui ?

N. S. : Les défis sont multiples. Le manque d’accompagnement technique et financier freine l’élan entrepreneurial. Dans certaines localités, les traditions et coutumes restent des obstacles majeurs à l’épanouissement des femmes.

Mali Tribune : Quels obstacles freinent encore l’accès des femmes aux postes de responsabilité ?

N. S. : Ils sont souvent d’ordre culturel ou religieux, et liés à un déficit de formation et de renforcement de capacités. Mais les choses évoluent : des femmes occupent déjà des postes ministériels, parlementaires et même présidentiels. Ce processus est en marche et doit être soutenu.

Mali Tribune : Quel rôle les femmes leaders peuvent-elles jouer pour accélérer l’accès au leadership ?

N. S. : Les femmes leaders doivent former, accompagner et renforcer les capacités de leurs consœurs. Au Mali, la loi 052 sur le genre favorise leur présence dans les fonctions électives et nominatives. Les associations nationales et internationales multiplient les initiatives pour appuyer les femmes dans leur parcours.

Regina Dena

(stagiaire)

Source: Mali-Tribune

Laisser un commentaire