Entre mars et avril, les températures dépassent régulièrement les 45°C au Mali. Situé en zone sahélienne, le pays subit une chaleur extrême amplifiée par les émissions de gaz à effet de serre. Cette canicule fatigue jeunes et adultes, et s’accompagne de longues coupures d’électricité, réduisant encore la capacité des ménages à se protéger.
Face à cette situation, la vente d’eau glacée s’impose comme une solution de survie. Dans les rues de Bamako, les vendeurs se multiplient, installés à chaque coin avec leurs glacières. À 50 F CFA l’unité, la glace permet aux travailleurs de s’hydrater sous le soleil et aux familles dépourvues de réfrigérateur de trouver un peu de fraîcheur. Ce commerce est devenu un véritable phénomène urbain, offrant un répit indispensable dans une ville étouffée par la chaleur.
Pour les commerçants, la période est propice : la demande explose. Mais les coupures d’électricité, limitées à six heures par jour, compliquent l’approvisionnement. Les frigos fonctionnent mal, la glace se forme difficilement et reste partiellement fondue. Certains clients, autrefois exigeants, achètent désormais sans contester, tant la chaleur est insupportable.
Certains commerçants innovent en recourant aux panneaux solaires pour produire leur glace, tandis que ceux dépendant uniquement de l’EDM (Énergie du Mali) peinent à maintenir leurs activités.
Maïga Nafisa raconte : « Les affaires ne marchent pas beaucoup parce que nous n’avons que six heures d’électricité par jour. Ce n’est pas suffisant pour produire de la glace, surtout avec cette chaleur. Le frigo ne marche pas bien, la glace reste partiellement fondue. Avant, les clients allaient voir ailleurs, mais maintenant ils achètent sans discuter, tellement la chaleur est intense. »
Dans ce contexte, la glace est devenue bien plus qu’un produit de consommation : elle est un symbole de résilience face à la canicule. Les vendeurs s’adaptent, les clients s’accommodent, et chacun cherche à préserver un minimum de confort. Ce marché illustre à la fois la vulnérabilité des Maliens face aux aléas climatiques et leur capacité à inventer des solutions pour y faire face.
Claudine Dakouo
(Stagiaire)
Source: Mali-Tribune

