L’ancien maire du District de Bamako rejette les accusations liées aux opérations foncières dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou et invoque des instructions reçues au sommet de l’État. Alors que les débats se poursuivent, l’enjeu est de confronter ses arguments aux pièces du dossier pour établir les responsabilités individuelles.
Ouvert le 12 octobre devant la chambre criminelle du Pôle national économique et financier, le procès d’Adama Sangaré et de ses coaccusés soulève plusieurs questions : quel était le statut exact des terrains attribués ? Qui pouvait en autoriser le lotissement ? Sur quels documents et quelles instructions les responsables concernés se sont-ils appuyés ?
Dès l’ouverture, les avocats de la défense ont contesté la compétence de la juridiction. Ils ont invoqué une précédente décision de la Cour suprême qui aurait qualifié les faits de « faute administrative ».
À la barre, Adama Sangaré a maintenu sa contestation des faits. Il affirme que les terrains concernés ne relevaient pas de l’emprise aéroportuaire. Il soutient également avoir attribué des parcelles à des ressortissants du Nord, à Faladiè-Est, sur instruction verbale de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.
Sera-t-il entendu ? La question dépasse la possibilité de prendre la parole à l’audience. Elle porte sur l’examen effectif des arguments, la confrontation des preuves et la motivation des réponses judiciaires. Entendre la défense suppose d’évaluer ses explications, comme celles de l’accusation, à la lumière des pièces produites.
Dans cette affaire, la protection du patrimoine public et le respect des droits de la défense participent d’une même exigence de justice. Le jugement attendu devra expliquer ce qui a été établi, ce qui a été écarté et pour quelles raisons.
Alexis Kalambry
Source: Mali-Tribune

