Fin de parcours pour les propriétaires de véhicules sans plaques ou identifiants. Une interdiction de circuler leur a été signifiée le 30 juin 2026 avec un délai de grâce d’un an. Du côté de la direction générale des Transports (DGT), les cartes grises et permis de conduire biométriques sont en chantier pour la sécurité des biens et des personnes.
Un spécimen de carte grise de véhicule automobile
Une opération multisectorielle (ministère des Transports et des Infrastructures, Economie et Finances et Sécurité et Protection civile) vise désormais les véhicules automobiles circulant sans identifiant. A compter du 30 juin 2026, aucun de ces véhicules roulant avec le numéro de châssis (CH) ne sera toléré dans la circulation routière au Mali.
Mais avant la phase de répression prévue dans un an, l’Etat à travers le ministère de l’Economie et des Finances, a décidé de geler des droits et taxes au bénéfice des usagers en porte à faux avec la règlementation. Comme mesure d’accompagnement, il y a l’exonération des droits de douanes et fiscaux pour les militaires et paramilitaires (exception faite des taxes communautaires) et du droit de timbre (communément appelé affaires économiques) pour les autres citoyens.
A la Direction générale des Transports (DGT), des dispositions pratiques sont en cours pour la réussite de l’opération qui concerne aussi les engins à deux ou trois roues. Un nombre important de plaques minéralogiques et d’équipements a été commandé pour alimenter l’important stock déjà existant. Ainsi, les propriétaires de motocyclettes et de tricycles doivent s’acquitter d’une somme forfaire de 12 000 F CFA. Ce montant inclue les frais de dédouanement, la redevance de la DGT, celle de la sécurité routière et les droits de timbres et frais de plaque.
Le Directeur générale des Transports coupe court aux supputations relatives aux retards dus à la pénurie de plaques pour leur livraison. « Il n’y a jamais eu de pénurie de plaques à notre niveau. Nous avions d’importants stocks dans nos magasins ».
Mamadou T. Sow le directeur, attribue les retards constatés au scandale ayant secoué son service en août 2025 avec l’affaire de fausses plaques d’immatriculation où son adjoint et d’autres cadres et agents ont été indus en erreur par des indélicats et écroués par la justice.
« A l’absence de mon adjoint, en ma qualité de directeur général, j’étais le seul signataire des cartes grises et permis de conduire pendant plusieurs mois. La vigilance était de mise où il fallait vérifier minutieusement des documents envoyés à la douane sous plis confidentiels. Ce qui nous a conduit à des délais intenables, d’où la raison des retards constatés», affirme M. Sow.
Avec peu de personnel tant à Bamako que dans les régions, la direction a mis les petits plats dans les grands. Pour la célérité et la fluidité du travail, une mesure de déconcentration a été prise en faveur des Directions régionales des Transports (DRT). « les Directeurs régionaux des Transports sont désormais autorisés à signer les cartes grises et réimmatriculassions. Bien avant, leur rôle se limitait aux opérations secondaires de cartes grise (les mutations les renouvellements, les réimmatriculations et les duplicata), précise le DGT Mamadou T. Sow.
Une autre meure importante et non des moindres est que la transmission électronique des bordereaux a remplacé le manuel. Selon lui, tout se passe en temps réel avec la Direction générale des Douanes et le Trésor. « Sigi Dolo, le système informatique de la DGT, est interconnecté à Sydonia de la douane. Aucune carte ne sort sans vérification préalable des liquidations des droits de douane. Le paiement intégral des frais de carte se passe par Tresorpay via des terminaux mobile money », témoigne le premier responsable de la DGT, qui ajoute que ses équipes sont renforcées pour se relayer à la pupitre pour une bonne marche de l’opération.
Les documents biométriques, la seule alternative
Mamadou T. Sow est convaincu qu’avec tout cet arsenal mis en branle, le retard accumulé dans la délivrance des plaques minéralogiques des véhicules automobiles sera totalement comblé dans les deux semaines à venir. Quid des mobylettes. « Aucun problème pour les motos, car nous avons pris de l’avance, il suffit pour les usagers de se présenter », rassure-t-il. Il met l’accent sur selon lui, sur « les gros efforts et moyens financiers » estimés à plusieurs dizaines de milliards de F CFA, déployés par le ministère de l’Economie et des Finances pour les deux opérations cumulées (véhicules automobiles et motos).
Pour résorber davantage de lenteur et d’insécurité dans la délivrance des documents automobiles, Mamadou T. Sow recommande la biométrie. « Il faut que nous allions obligatoirement vers les documents biométriques. Pour moi, c’est aujourd’hui la seule alternative contre l’insécurité et le délai de livraison longs. Sans biométrie, difficile de tenir les délais ». Selon lui, le ministre des Transports et Infrastructures Mme Dembélé Madina Sissoko l’a plusieurs fois évoqué sur des plateaux de télévision. « Sans la biométrie, on ne peut pas satisfaire entièrement à la demande croissante de ces documents pour qui connait la paperasserie dernière une demande de carte grise et permis de conduire », fait savoir M. Sow.
Tout semble fin prêt à la DGT pour l’opérationnalisation des documents électroniques de véhicules. « Des spécimen de cartes grises et permis de conduire biométriques dont je dispose dans mon bureau, ont été montrés à la télévision nationale par Mme le ministre. Pour dire que son département est dans le diapason », indique-t-il. Il ajoute que des prototypes ont été confectionnés pour la plupart des autorités de la République.
Pour la mise à la disposition des usagers de ces pièces électroniques, le Directeur général des Transports dit compter sur une décision hautement politique des décideurs. Cette décision qui consiste à prendre les textes législatifs, à équiper la DGT d’équipements techniques et de moyens humains. « Je promets que dans les 72 heures suivant une demande, on peut remettre les cartes concernées », promet-il.
« Le travail tel que nous faisons actuellement demande une très grande vigilance à tous les niveaux. Sans cela, tous ceux qui ont leurs mains dedans sont susceptibles de se retrouver derrière les barreaux en cas de fraude », indique M. Sow.
« Si les textes sont adoptés, l’interconnexion réalisée, le paiement fait de façon électronique, le régisseur ne n’inquiétera nullement de ses recettes. Il est sauvé et son rôle se limitera juste au contrôle de routine. L’expert chargé du procès-verbal de réception jusqu’aux autres chainons du travail chacun à son niveau, sera serein », fait-il remarquer.
Abdrahamane Dicko
Source: Mali-Tribune

