CRISE DU BETAIL/VIANDE: L’abattage chute de 60 % à l’abattoir de Sabalibougoucourani

Faute de bétail disponible, l’abattoir frigorifique de Sabalibougoucourani peine à atteindre sa capacité de production. Son activité principale qu’est l’abattage des bœufs a baissé de 200 à 72 têtes ces temps-ci.

Dans notre dernière parution, nous évoquions les difficultés qui touchent le marché du bétail malien. Lesquelles difficultés sont à l’origine de la flambée des prix de la viande dont le kilo est vendu au prix plancher de 4 500 F CFA avec os et 5 000 F CFA sans os.

A cause de cette même crise, l’abattoir frigorique de Sabalibougoucourani, propriété de l’Etat, relevant de la Direction nationale de la production et des industries animales (Dnpia), vit des moments difficiles de son fonctionnement. Son approvisionnement en bœufs est sérieusement affecté par la pénurie que connait le secteur tant à Bamako que dans plusieurs villes de l’intérieur.

Les attaques ciblées des terroristes contre les marchands de bétail dans certaines localités du pays où se trouvent des marchés de bétail, ont eu pour conséquences, la fermeture de 2/3 de ces marchés de collecte d’animaux qui approvisionnent les garbals de la capitale. De même, la délocalisation de ces mêmes garbals de la capitale en avril dernier pour Zantiguila et Sanankoroba, pour raison de sécurité, a provoqué la dispersion des marchands de bétail. Ce qui à son tour, a plombé la chaîne d’approvisionnement de l’abattoir frigorifique de Sabalibougoucourani.

Le contexte est très défavorable pour l’abattoir de Sabalibougoucourani. « En temps normal, nous recevions 4 à 6 voyages de camions de bœufs chaque soir. Ce nombre pouvait atteindre les 10 camions les vendredis et samedis, soit plus de 200 têtes. Mais de nos jours, avoir 100 têtes de bœufs est un gros problème pour nous», explique Harouna Sangaré, l’administrateur provisoire de l’abattoir frigorifique de Sabalibougoucourani.

Si l’abattage des petits ruminants (moutons, chèvres, etc.) ne connait aucun problème, celui des bœufs a été considérablement réduit. « Le nombre de bœufs à abattre a baissé de 200 à 72 têtes par jour, comme ce fut le cas le lundi 29 juin 2026 », précise M. Sangaré.

L’administrateur provisoire estime que leur taux de production ou d’abattage a chuté à 60 %. Mais un petit bémol pour lui, c’est qu’ils parviennent encore à sauver les meubles avec les petits ruminants dont l’approvisionnement se passe dans les conditions normales. « Le taux d’approvisionnement en petits ruminants nous permet jusque-là, de nous tenir debout », juge-t-il.

A ses dires, la dispersion des marchands de bétail a favorisé le phénomène de l’abattage clandestin longtemps combattu. « A cause de l’inorganisation du marché de bétail, certains bouchers profitent pour égorger des animaux achetés sur place, sans passer par l’abattoir ». Mais, poursuit-il, grâce à des numéros d’abattage dont dispose chaque boucher, l’abattoir parvient à mettre la main sur les contrevenants à la suite de contrôles réguliers effectués par leurs équipes dans les boucheries des marchés du district.

Abdrahamane Dicko

Source: Mali-Tribune

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