RENFORCEMENT DES COMPÉTENCES DES FEMMES JOURNALISTES: Un nouveau projet pour lutter contre la désinformation au Mali

Au regard des crises sécuritaires et la montée de la désinformation, l’ association MALI-IDEM en partenariat avec l’UNESCO, vient de lancer hier 14 mai 2026, un projet d’ Éducation aux Médias, à l’Information et au Numérique à l’endroit de 150 femmes journalistes dans sept régions du Mali. La maison de la presse a abrité le lancement de cette initiative. 

Ce projet soutenu grâce au Programme International pour le Développement de la Communication (PIDC) de l’UNESCO vise à outiller les professionnelles des médias pour leur permettre d’informer avec davantage de rigueur, de responsabilité et d’éthique. Il s’agit, selon ses initiateurs, d’un véritable « acte citoyen » face aux défis sécuritaires et informationnels actuels. « En formant les femmes journalistes et communicatrices aux outils et méthodes de vérification de l’information, à l’analyse critique des contenus numériques et à la production responsable, le projet entend renforcer leur capacité à contrer la propagation des fausses nouvelles».

D’après le Président de l’Association IDEM, Sadou Yattara, c’est une illustration parfaite d’un engagement commun pour la liberté d’expression, l’accès à une information fiable et la consolidation de la paix au Mali.

Il a cité les principaux objectifs qui sont: 

  • Favoriser la création d’un véritable réseau national de femmes journalistes spécialisées en éducation aux médias, capable d’échanger, de collaborer et de mettre en avant des productions de qualité ;
  • Encourager une prise en compte durable du genre dans les politiques éditoriales ;
  • Promouvoir des contenus responsables, capables de déconstruire les fausses informations, de renforcer le vivre-ensemble et de diffuser les valeurs de paix.

Le Président de IDEM a aussi précisé que c’est un investissement dans un journalisme plus inclusif, plus équilibré et plus engagé.

« Former 150 femmes journalistes et communicatrices, issues des régions de Kayes et Gao, de Sikasso à Tombouctou, en passant par Mopti, Ségou et le District de Bamako, c’est investi dans un réseau précieux. Un réseau de professionnelles qui porteront haut les valeurs d’éthique, de rigueur et de responsabilité. C’est aussi reconnaître, tout simplement, le rôle central que jouent et que doivent jouer les femmes pour construire des médias plus inclusifs, plus équilibrés et plus à l’écoute de nos réalités » a souligné Bandiougou Danté, Présidente de la Maison. Il a indiqué aux bénéficiaires qu’elles seront gardiennes de la vérité, des artisans de la paix, des références pour les générations à venir. Il les a exhortés à devenir plus curieuses, à vérifier et à déconstruire les récits trompeurs.

M. Ali-Mohamed Sinane, Chef du Bureau de l’UNESCO au Mali, a précisé que soutenir les femmes journalistes et communicatrices revêt une importance particulière. Bien qu’elles soient déjà engagées et présentes, elles rencontrent souvent des difficultés pour accéder à certaines formations ou opportunités. Ce projet vise à changer cette situation de manière concrète.

Une enquête mondiale menée par l’UNESCO révèle que 73 % des femmes journalistes interrogées ont été victimes de violences en ligne dans le cadre de leur activité professionnelle. Ce chiffre démontre la nécessité urgente de renforcer les compétences des femmes dans leurs domaines.

Le Chef du Bureau de l’UNESCO a encouragé les participantes à poursuivre avec détermination leur engagement.

Le ministère de la Communication, de l’économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration  représenté par Mme Moussokoro Konaté a salué cette initiative de l’Association IDEM et a remercié l’UNESCO pour son accompagnement. Elle a reconnu que la lutte contre la désinformation est un combat collectif qui implique les institutions, la société civile, les partenaires techniques et financiers, les plateformes numériques, et les citoyens eux-mêmes. 

Il convient de rappeler que l’association Mali-IDEM est un espace d’éducation citoyenne milite pour une information libre, responsable et porteuse de cohésion sociale. 

Quant au PIDC,  c’est un programme qui accompagne concrètement les acteurs des médias. Il vise à renforcer leurs compétences, à encourager un journalisme de qualité et à promouvoir des médias plus ouverts, plus inclusifs et plus proches des citoyens.

Ce lancement avait réuni le président de la Maison de la presse, Le représentant résident pays de l’Unesco, représentantes des ministères respectifs de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration et de la Femme, de l’Enfant et de la Protection de la Famille

Fatoumata Kané

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