Ce mardi 4 août 2026, la chambre criminelle de la Cour suprême du Mali ouvre l’examen du pourvoi en cassation introduit par Me Dianguiné Tounkara, avocat de Mme Bouaré Fily Sissoko, au lendemain de sa condamnation. Cette étape judiciaire marque une nouvelle phase dans l’un des dossiers les plus emblématiques de la lutte contre la délinquance économique et financière au Mali.
Le 8 juillet 2025, la Cour d’assises spéciale sur les crimes économiques et financiers avait reconnu coupable l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances dans l’affaire dite de l’« achat de l’avion présidentiel et du contrat des équipements militaires ». Après trois mois de procès successifs, Mme Bouaré Fily Sissoko a été condamnée à dix ans de prison ferme et à une amende de 500 000 francs CFA. Les chefs d’accusation retenus portaient sur faux en écriture, usage de faux et atteinte aux biens publics, des infractions qui ont profondément marqué l’opinion nationale.
Dès le lendemain de cette décision, son conseil, Me Tounkara, a introduit un pourvoi en cassation, accompagné d’un mémoire visant à contester l’arrêt de condamnation. Selon lui, ce recours constitue une voie de droit permettant de remettre en cause une décision de la Cour d’assises, en sollicitant l’intervention de la plus haute juridiction du pays.
Dans une note consultée par le Mali Tribune, la Cour suprême du Mali précise que la chambre criminelle de ladite Cour se penchera sur ce pourvoi à partir du 4 août 2026, et poursuivra les débats les jours suivants si nécessaire. L’enjeu est de déterminer si l’arrêt du 8 juillet 2025 doit être confirmé ou, au contraire, cassé.
Joint par téléphone, Me Tounkara a rappelé que le pourvoi vise à « casser voire censurer » l’arrêt de la Cour d’assises spéciale de Bamako. Il insiste sur le caractère fondamental de ce recours, qui ne porte pas sur le fond de l’affaire mais sur la régularité de la procédure et la conformité de la décision aux règles de droit. L’avocat se dit confiant et optimiste quant à l’issue des débats, espérant que la Cour suprême invalide la condamnation de sa cliente.
Au-delà du cas individuel de Mme Bouaré Fily Sissoko, pour certains observateurs, ce dossier illustre les tensions entre la nécessité de sanctionner les crimes économiques et financiers et le respect des garanties procédurales. Néanmoins l’examen du pourvoi en cassation sera suivi avec attention par ces observateurs, tant il cristallise les débats sur la transparence, la gouvernance et l’indépendance de la justice malienne.
Ousmane Mahamane
Source: Mali-Tribune

