Le Premier Ministre Abdoulaye Maiga, accompagné du Ministre tutelle, a rencontré hier 12 décembre 2024, les acteurs de la Presse durant laquelle il s’est enquit de la condition actuelle des organes de Presse. En reconnaissant l’importance cruciale de ce secteur dans la démocratie, il s’est engagé à déployer prochainement des efforts pour renforcer la liberté d’information et à garantir une sphère médiatique saine.
La Maison de la Presse ayant servi de cadre en occurrence, était remplie d’acteurs majeurs du métier, de niveau confondu, pour accueillir le nouveau chef de la Primature. Son Président Bandiougou Danté, ayant pris la parole au nom de ses pairs, a abordé trois points prioritaires pour l’émergence du 4ème pouvoir au Mali.
Il s’agit de la liberté de la Presse, la relecture des textes régissant le cadre juridique des médias maliens, et la question de l’aide à la Presse.
Bandiougou Danté, Président de la maison de la Presse a rappelé ces citations du secrétaire général des Nations Unies lors de la célébration de la journée mondiale de la Presse (3 mai),
Sans liberté de la presse, nous n’aurons aucune liberté
La liberté de la presse n’est pas un choix, c’est une nécessité
avant de déclarer au Premier Ministre que la Presse malienne traverse des périodes particulièrement difficiles.
Nous sommes au regret de revenir encore sur les cas d’enlèvement, d’assassinat et de fermeture de médias à travers la prise de décisions extrêmes par l’instance de régulation censée garantir la liberté de la Presse, comme le cas de Joliba plus près de nous
« » a-t-il évoqué.
Après ces déclarations, il appelle à l’action en recommandant au gouvernement la relecture des textes régissant les médias maliens. Il a réitéré cette demande des acteurs de la Presse qui date depuis 2021.
Nous avons le sentiment de prêcher dans le désert
« » regrette-t-il.
Le représentant de la Presse a informé que l’aide financière à la Presse est inexistante depuis quelques années. Il a suggéré que cet aide ne doit se limiter qu’à une question financière «L’aide doit englober à la fois les questions de formation, d’appuis institutionnels aux structures publiques, de formation comme la prestigieuse École Supérieure de Formation en Journalisme et des Sciences de la Communication, de l’aide indirecte et de la problématique de la fiscalité des organes de Presse».
A la suite d’une rencontre le 30 octobre 2023, sur la relecture des textes régissant les médias maliens, initiée par le Ministre de la communication, le comité de pilotage de la maison de la Presse avec l’aide d’autres acteurs clés ont déposé un projet le 6 novembre 2023. Un projet qui reste dans le frigo au niveau du gouvernement, a annoncé Bandiougou Danté.
Il n’a pas manqué de donner tous les éclaircissements sur le retard de l’aide à la Presse ayant fait une réelle polémique au sein des médias voire des divisions tout en invitant le chef de la Primature à régler définitivement cette question.
«Nous attendons de vous les conditions de la création d’un espace médiatique assaini, favorable à la libre expression et une aide spéciale conséquente pour la Presse malienne. En ce qui concerne, ce qui est convenu d’appeler l’affaire Joliba-HAC, les informations que nous avons reçues ces dernières heures de la médiation de Joliba TV News présagent d’un dénouement heureux rapide» a-t-il recommandé.

Quant au Général Abdoulaye Maiga, ayant prêté soigneusement l’oreille, a affirmé avoir pris bonne note et a reconnu la légitimité des préoccupations soulevées.
Tout comme les autres Forces vives de la Nation, il a appelé la presse à la réalisation de l’Union sacrée.
Bien que les questions de défense et de sécurité soient une priorité fondamentale du gouvernement de la Transition, il précise que les autres aspects sociaux- économiques sont tout aussi importants.
Malgré les dénonciations du porte-parole de la Presse, Bandiougou Danté, et d’autres indicateurs, le Premier ministre reste persuadé que cette Transition est démocratique.
A aucun moment il n’y a eu de mesure de suspension de cette liberté. Tous ces cas de fermetures de médias sont opérés dans le cadre du respect de certaines normes, de textes législatifs. Je souhaite qu’on soit équilibré lorsqu’on amène des indicateurs qui participent largement à l’apaisement du climat social
« » a-t-il répliqué. Il a proposé aux médias de faire souvent un point sur les diffamations et les cas d’attaques visant les autorités.
Le Général Maiga a aussi invité les journalistes à faire preuve de professionnalisme, tout en favorisant l’autorégulation et a rassuré que le gouvernement mettra tout en œuvre pour répondre aux priorités nationales, tout en garantissant un espace médiatique sain.
Fatoumata Kané

