Les irrégularités financières portant sur la gestion des subventions de l’Etat accordées aux écoles privés de 2017 à 2022 restent encore impunies. Dans son rapport de 2023, le Vérificateur Général ressort le dossier.
Il s’agit des établissements privés d’enseignement secondaire général, technique et professionnel, qui en complicité avec certains administrateurs publics du ministère de l’éducation, arrivent à dérober des ressources publiques.
Les systèmes de détournements auxquels ils font recours ne sont plus un secret. Créer des écoles sans se casser la tête à l’aide de fabrication de faux arrêtés de création et d’ouverture.
Selon l’enquête du Vérificateur Générale, plus de 80 sur 192 établissements privés, sont ouverts sur la base de faux arrêtés, soit 41,6%.
«Parmi ces établissements irrégulièrement ouverts, 33 ont bénéficié de subventions indues au titre des élèves qui leur ont été attribués par le Secrétaire général du ministère de l’éducation nationale pour un montant total de 412,86 millions de FCFA» soutient le rapport du Vegal.
Une autre méthode consiste au paiement irrégulier des demi-bourses et pensions sur la base des textes de lois caduques dont le montant total volatilisé est estimé à 18,957 milliards de FCFA, d’après les données du Vérificateur Général.
Quant au paiement irrégulier de subventions pour le compte d’élèves dont la scolarité est épuisée, en d’autres termes élèves fictifs, le rapport indique 32,42 millions de FCFA disparus destinés à plus de 294 élèves.
Ces irrégularités soulevées une énième fois, soulignent l’importance de refonder le système de gestion des fonds publics principalement dans le secteur de l’éducation contribuant ainsi à l’égalité et la qualité de l’enseignement national.
Le rapport du Vegal indique plus de 257,36 millions de FCFA octroyées irrégulièrement aux établissements privés pour 1 850 élèves initialement orientés dans des établissements publics en violation à la réglementation en vigueur.
Plus de 11,90 millions de FCFA ont été accordés à un établissement ne disposant pas d’infrastructures et de documents administratifs conformes à la réglementation pour accueillir des élèves.
Pour stopper ces malversations, le Vérificateur Général suggère aux autorités compétentes des mesures urgentes telles que l’immatriculation systématique des établissements privés d’enseignement et respecter les critères d’éligibilité dans l’attribution des élèves aux établissements.
Fatoumata Kané

