Sous le signe de la reconnaissance de l’engagement des hommes dans l’atteinte de l’égalité des sexes, le Chapitre malien du Réseau des Femmes Leaders Africains – (AWLN) a organisé ce 30 mai 2024 une conférence d’échange et d’informations sur la Masculinité Positive. Plus d’une trentaine d’hommes leaders maliens ont reçu des distinctions honorifiques pour œuvrer à l’intégration du genre et l’autonomisation des femmes et filles dans les différents secteurs d’activités.
Cette conférence capitale réunissant tous les grands hommes et les grandes dames du pays s’est ténue à l’occasion de la semaine de l’intégration africaine, une initiative pour la promotion de l’égalité du genre et la reconnaissance de l’engagement masculin. De centaines d’organisations de la société civile, regroupant les leaders féminines, les avocats du Mali, les médias, les organisations de défense des droits des femmes et bien d’autres.
«Nous avons identifié des personnalités hommes qui vont constituer un premier vivier de référence pour nous et nous comptons sur eux pour nous appuyer afin d’atteindre notre objectif. Les jeunes que nous sommes en train de former, c’est pour assurer la survie de la lutte des femmes. Ces jeunes sont très déterminés à nos côtés » a indiqué Mme Sangaré Oumou Bah, ancien Ministre, membre du comité pilotage de AWLN. Elle n’a pas manqué de présenter le réseau, ses activités, ses réalisations, ses partenaires et ses recommandations. D’après elle, l’objectif du réseau est de favoriser la résilience des femmes et des jeunes filles.
Pour M.Issa Berthé, Conseiller Technique, Représentant du Ministre de la Femme, cette lutte est un chantier de longue haleine auquel s’est attelé le réseau AWLN, dont le porte flambeau est Ellen Johnson Sirleaf, Ex-Présidente du Libéria. «Le continent a élaboré des programmes et politiques pour une meilleure prise en charge des questions de genre pour un développement harmonieux. L’Agenda 2063 qui est le cadre stratégique du continent et qui vise à atteindre son objectif de développement durable. La déclaration solennelle des chefs d’Etats sur l’égalité Homme – femme qui a pour objectif d’endiguer la discrimination et l’exploitation des filles et des femmes sur le continent, de promouvoir leur participation et représentation dans les processus de paix et de règlement des conflits, de leur accès à la propriété et à la terre, et de la lutte contre les violations de leurs droits» a-t-il cité.

La mention d’actions, des expériences, de plans spécifiques du Réseau des Femmes Leaders Africaines(AWLN) et de l’implication de diverses parties prenantes, a ajouté de la profondeur aux discussions.
«Il y a un plan d’action de AWLN au niveau des chefs de village pour mettre fin aux violences conjugales et un autre plan d’action au niveau continental sans oublier 35 pays ayant leur représentation nationale . Les avocats travaillent au respect des droits des femmes mais la notion de masculinité positive est un concept nouveau. La dimension économique fait peser la précarité sur la femme qui est un obstacle à leur changement de mentalité pour le respect de leur droit. Que la loi sévisse en protégeant la femme. Il faut qu’il y ait des mesures au niveau de l’État par rapport à la réparation, qui est fondamentale au niveau du protocole de Maputo. Ces droits n’ont de valeur que si, lorsqu’ils sont violés, que les auteurs sont condamnés et qu’ils sont traduits devant la justice. On a vu des pays qui ont mis des fonds d’indemnisation de réparation. C’est l’État qui est le garant en termes de paix, en termes de transition, en termes de conflit, il est le responsable, c’est le garant de la protection des droits des femmes» a informé Me Soyata Maiga, Secrétaire administrative du comité de pilotage de AWLN.
Il faut noter que tous ces représentants de la Société civile et du Barreau malien luttent au quotidien pour l’égalité des sexes.
«Il faut saluer le leadership des pionnières qui ont entamé ce combat entre homme et femme. Les questions d’égalités hommes – femme et l’autonomisation des femmes est une question prioritaire. Plus de 40,7% de femmes au Mali; Comment arriver à un développement durable et inclusive sans prendre en compte les besoins spécifiques de cette tranche de la société? C’est un défi de développement. Comme l’essentiel du pouvoir est concentré au main des hommes, il faut les impliquer dans la lutte pour l’égalité des sexes. Si on ne les implique pas, c’est comme si on se positionne en adversité avec les hommes alors que ça doit être un partenariat favorable à tout le monde » a recommandé M. Arsène Assandé, Représentant Adjoint à ONU Femmes – Mali.
On pouvait constater une discussions houleuse dans la salle, de part la présence des hommes et femmes de droits et tous rebondissaient pour défendre le leadership de la femme.
«La Masculinité positive, une chose, que l’homme ne soit pas un obstacle au leadership feminin mais que la femme elle même ne soit un frein à son leadership» a defendu un avocat.
La question de masculinité positive est devenue, selon certains intervenants, notamment le président de la cour suprême, une affaire d’Etat.
«La société ne peut exclure la moitié de sa population qui est la femme. Les femmes et les enfants doivent bénéficier d’un regard spécial des responsables de l’Etat» a-t-il plaidé.
Selon Bandiougou Danté, Président de la Maison de la presse « Nous avons obligation de vous appuyer pour le changement que vous apportez à la nation. Il faut qu’on arrive à changer la mentalité des hommes. Nous devons créer des conditions pour les femmes leur permettant leurs promotions sans soumission »
Me Mauricette Potier Diallo, Avocate au Barreau du Mali, en défendant la prise en compte dela moitié de la société, les femmes, elle a attiré l’attention sur ceci: «Il faut admettre que les hommes ne peuvent appuyer les femmes que si elles sont convaincues de leur évolution. Les femmes sont à la source de multiples problèmes familiaux surtout en situation de concession familiale. La femme doit changer de mentalité et de comportement qui sont un frein à son épanouissement»
Cette conférence fut clôturée par la distinction honorifique des acteurs de défense des droits des femmes et une distribution symbolique de kits sanitaires par le Représentant de l’ONU Femmes Mali.
En recevant son prix de reconnaissance, Mme Haidara Aissata Cissé, Présidente des Femmes parlementaires a soutenu que la masculinité positive est très importante mais a invité les femmes à être solidaires pour atteindre les objectifs d’autonomisation. De par ses expériences dans le Réseau des Femmes Parlementaires, elle confirme que l’implication des hommes est indispensable pour le respect des droits des femmes.
Fatoumata Kané


La masculinité positive ça aussi c’est quoi encore?
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La masculinité Positive, c’est quand les hommes se battent pour l’autonomisation des femmes.
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