Se projetant dans l’avenir, Mohamed Abdellahi Elkalil, expert en sécurité, a identifié un impact positif du coup d’Etat survenu le 26 juillet 2023 au Niger, sur la lutte contre le terrorisme au Sahel. D’après son analyse, ce putsch aboutissant à l’arrestation du Président Mohamed Bazoum, traduit la perte de l’un des alliés de la France au Sahel et ouvrira facilement les discussions entre les différents militaires dirigeants des pays du Sahel.
«Le putsch au Niger est un coup dûr pour les occidentaux et particulièrement la France qui perdrait l’un de ses derniers alliés au Sahel, immense régions minée par des attaques de groupe djihadistes liés aux organisations État Islamique et Al-Qaïda et ravagée par la pauvreté et l’instabilité» a avisé Mohamed Abdellahi Elkhalil, Spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel.

En rappelant la brouille entre la France, le Burkina Faso et le Mali, M. Elkhalil indique aussi le renforcement du partenariat entre Mohamed Bazoum et la France après l’accueil des troupes et l’arsenal de guerre sur son territoire.
«Une partie des forces françaises de Barkhane ont été déployées au Niger. Les soldats de l’opération Sabre indésirables au Burkina Faso ont été eux aussi déployés au Niger. Les Etats-Unis disposent d’une base militaire à Agadez, où sont déployés quelque 800 militaires pour des rotations de six mois. La 201 Air Base dispose d’un Centre de surveillance du Sahel et est équipée d’une importante flotte de drones. Au-delà de tout cela, la relation était tendue entre Bazoum avec les autorités de Bamako. La lutte transnationale avait été coupé et avec l’arrivée des généraux au pouvoir au Niger, une réponse transnationale dans la lutte contre le terrorisme peut être possible. Car les canaux de discussions peuvent être fluides entre les différents militaires» a prédit notre analyste.
Pour lui, le Mali est très proche du Général Salifou Mody, ancien Chef d’Etat-major des armées du Niger, dont son nom figure parmi les auteurs du coup d’Etat et bien apprécié par Oumar Tchiany, président du CNSP du Niger. Au regard de cette confraternité, Mohamed Abdellahi Elkhalil pense que les autorités maliennes peuvent jouer le rôle de facilitateur et proposer une solution de sortie de crise en faveur des généraux.
Fatoumata Kané

