La zone frontalière du Burkina Faso, Mali et Niger, dite du Liptako Gourma, est marquée par une concentration de menaces sécuritaires diversifiées sans précédent : action de groupes radicaux, activités criminelles croissantes, banditisme, conflits communautaires.
Depuis 2012, le climat d’insécurité et de violence s’est détérioré davantage, du fait de la prolifération des groupes armés, l’augmentation des affrontements communautaires et l’ascension de l’extrémisme violent.
Dans les trois pays (Burkina Faso, Mali et Niger), les principales causes structurelles des conflits sont liées à plusieurs facteurs:
– le changement climatique;
– la pression démographique;
– les fractures sociales;
– le déficit de gouvernance économique et sociale.
Les pays de l’Union européenne ont annoncé au début du mois de juin 2023, l’octroi d’un financement de près de cinq millions d’euros au Niger. Ce fonds servira pour la fourniture d’armes et équipements militaires aux forces nigériennes engagées dans lutte contre le groupe État islamique au Sahara.
Cette annonce intervient juste à la veille de la demande du départ de la MINUSMA par le gouvernement du Mali. Ce fonds permettra aussi de multiplier des postes aux alentours de la 3D pour contrer et repousser les terroristes vers le Mali et le Burkina Faso voisins.
Connaissant la volonté et le discours du Président Bazoum contre les régimes Malien et Burkinabè, n’est-il pas nécessaire pour que le Mali et le Burkina Faso se donnent davantage les mains et multiplient des patrouilles terrestres et aériennes aux alentours de la 3D?
Toutes les analyses prouvent que d’ici 6 mois, la zone de Liptako Gourma sera une véritable zone de conflits et d’intérêt activé par le Niger sous le leadership français afin de déstabiliser les régimes malien et burkinabé qui ont affirmé leurs détermination à mettre fin à l’occupation impérialiste. Cette stratégie de déstabilisation se basera sur certains leaders politiques et religieux pour enflammer des tensions sociales.
Comme recommandations, nous demandons aux autorités Malienne et Burkinabè de :
-Faire des patrouilles mixtes;
-Multiplier les échanges d’informations entre les différents services de renseignements;
-Développer une stratégie militaire axée uniquement sur la stabilisation de Liptako Gourma;
-Créer des échanges d’expérience entre les différentes sociétés civiles (OSCs) .
Mohamed Abdellahi Elkhalil
Spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel
Facilitateur Extrémisme violent et religieux

