En acceptant de cautionner le remaniement qui a vu le départ de tous les ministres issus du M5-RFP à l’exception notable de Ibrahim Ikassa Maiga de la Réfondation, Choguel Kokalla Maïga se « sauve sans le M5-RFP qu’il abandonne en plein vol ».
Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre jadis adulé, aujourd’hui piétiné, va-t-il «boire le calice jusqu’à la lie? ». En d’autres termes va-t-il continuer à souffrir une lancinante douleur faite de marginalisation et d’humiliation juste pour continuer à bénéficier des fonds spéciaux liés à sa fonction? Parce que nous avons été de ceux qui l’ont applaudi que nous sommes en droit de lui dire que s’il ne prend garde, il finira non pas comme un mégot vidé à la Mahmoud Dicko mais pire, comme un mégot mouillé et écrasé avec le talon du soulier.
Hier, quand IBK (Paix à son âme !) s’est débiné dans l’affaire Ras Bath, son ministre de la justice de l’époque qu’il avait lâché a eu cette formule qui est restée gravée dans les annales politiques du Mali «IBK s’est sauvé sans la République ».
En analysant objectivement le remaniement ministériel intervenu avant-hier 1er juillet, ne peut-on dire que «Choguel s’est sauvé sans le M5-RFP». Que dire d’autre si l’on sait que le remaniement se résume purement et simplement au départ des seuls ministres issus directement ou indirectement du M5-RFP et de deux autres ministres des mouvements armés.
Passons rapidement sur le cas de Mahmoud OULD MOHAMED ex-ministre de l’Industrie et du Commerce du Haut Conseil Unifié de l’Azawad (HCUA) colonne vertébrale du Cadre stratégique Permanent pour la Paix, la Sécurité et le Développement (CSP-PSD) qui a refusé la tenue du référendum constitutionnel dans les zones qu’il contrôle et qui ne devait pas attendre d’être remercié et de Me Harouna Mamadou Toureh dont le limogeage, malgré sa rupture avec sa base rebelle, n’a pas encore livré tous ses secrets.
Les autres ministres en fin de mission sont Madame Sidibé Dedeou Ousmane (Education nationale) Madame DIAWARA Aoua Paule DIALLO (Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social), Bakary DOUMBIA (Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle), Bréhima KAMENA (Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population), Modibo KONE (Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable), Oumarou DIARRA (Action humanitaire, de la Solidarité, des Réfugiés et des Déplacés) tous membres du Comité stratégique du M5-RFP proposés par cet organe par le biais du Premier ministre Choguel Maïga lui-même désigné par le même mouvement.
Les couleuvres à avaler n’étaient pour ainsi dire pas finies car deux autres ministres désignés par Choguel MaÏga, à l’insu du Comité stratégique nous dit un ex-cacique du mouvement aujourd’hui membre de sa branche dissidente le M5-Mali Kura, n’ont pas échappé au couperet. Il s’agit de Modibo KEITA (Développement rural) et de Madame Diéminatou SANGARE (Santé et du Développement social).
Qu’annonce donc ce remaniement ? Plusieurs grilles de lecture peuvent se présenter. La première piste pourrait être un Choguel Maiga mis devant le fait accompli, sommé de signer le décret portant remaniement de son propre gouvernement ou de vider le plancher. Il aurait dû avoir choisi de se sauver sans ceux qui l’ont fait roi. C’est le Choguel marginalisé et affaibli.
La deuxième hypothèse serait Choguel au cœur d’un vaste complot de marginalisation du M5-RFP. Avec toujours en prime sa survie à la Primature. Difficile à croire malgré tout.
Dans les deux cas « le mal ne serait-il pas infini pour lui ? ». Car ? humiliation suprême le Roi est désormais nu, sans troupe.
En effet et en toute hypothèse, voici Choguel Kokalla Maïga, sans aplomb, qui « abandonne le M5-RFP en plein vol ».
Comment se fera le reste de la Transition? Voilà la vraie question que pose ce remaniement post-référendum ?
Moctar Sow
Directeur de Publication
Malikilé

