SCRUTIN RÉFÉRENDAIRE: VERS LE RETOUR À L’ORDRE CONSTITUTIONNEL

Près de 8 millions de citoyens maliens étaient attendus hier, 18 juin 2023, pour voter Oui ou Non pour la mise en vigueur du nouveau projet de constitution. Ce vote a été effectif après une étape de vulgarisation du texte constitutionnel et 16 jours de campagne référendaire débutée du 2 au 18 juin 2023.

Une des étapes vers le retour à l’ordre constitutionnel, cette nouvelle réforme constitutionnelle est le résultat des recommandations des assises nationales de la Refondation organisées en décembre 2021. Durant 16 jours de campagnes référendaires plusieurs points dont la Laïcité, le renforcement du pouvoir du président ont opposé les acteurs majeurs à savoir la classe politique, la société civile et des groupes religieux sur les plateaux télé, radios et plateformes numériques. 

Ayant déployé 3 075 observateurs répartis entre les lieux du scrutin, Modele Mali a communiqué 21% de taux de participation aux environs de 13 heures. Selon ses statistiques, 75% des votants se sont fait identifier par une pièce autre que la carte d’électeur biométrique dont plusieurs parmi eux, ont retiré leurs cartes d’électeur biométriques dans les bureaux, après le vote.

La Mission d’Observation des Élections au Mali (Modele-Mali) a recensé l’absence de vote dans certaines localités, quelques incidents et dysfonctionnement majeurs parmi lesquels nous avons pu noter la non-tenue du scrutin dans la région de Kidal ;  la présence de 5 bureaux de vote dans la même salle à Baye, cercle de Bankass à Mopti par manque d’infrastructures; la violation du secret de vote (mauvais emplacement de l’isoloir) au centre de vote du CFTP de Kayes; l’utilisation de téléphone portable dans certains bureaux de vote comme en commune II du District de Bamako ; le matériel électoral brûlé dans le village de Chikata, commune de Dianguirdé, (cercle de Diéma) par des individus armés non identifiés ; la perturbation du vote dans la commune de Bodio (Bandiagara), à cause d’une attaque terroriste ; l’enlèvement des urnes dans trois villages dans la commune de fallou, cercle de Nara et bien d’autres.

Des groupes Touareg ont manifesté à Aguel Hoc pour défendre non au référendum en laissant entendre à travers leur pancartes «Pas de vote sans inclusion! Aguel Hoc dit non à la mascarade». Les groupes religieux qui défendent contre la laïcité utilisent des expressions comme «Je suis musulman, Non».

Les partisans du Oui voient dans le document plusieurs points positifs comme c’est le cas pour Mohamed Abdellahi Elkhalil, Spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel. Il soutient que le texte a été révisé au Mali par les maliens et n’a été imposé par les étrangers. A son avis la transition est la meilleure époque pour aller à des réformes. 

Pour certains électeurs, leur vote témoigne plutôt de leur patriotisme et cela qu’ils approuvent oui ou non. 

«Je suis convaincu que ce référendum ouvrira à un Mali nouveau, un Mali Koura, un Mali fort, un Mali efficace, un Mali au service du bien être de la population. Je voudrai lancé un appel à tous les maliens quelque soit l’issu des résultats de ce référendum, de se donner la main, de faire l’union sacrée autour du Mali» a exhorté le président de la transition Assimi Goita. 

Mohamed Abdellahi Elkhalil félicite l’article 73 de la constitution qui prévoit la destitution du président. Selon lui, cet article est une innovation positive qui permet de faire contrepoids au pouvoir supplémentaire contrairement à l’ancienne constitution.  

«L’article 82 qui donne la possibilité de poursuivre les ministres devant les prédictions communes est positif car il permet l’impunité. Cette constitution a pris en compte la présence des maliens de la diaspora qui jouent aujourd’hui un rôle important dans l’économie nationale. Aussi l’article 131 qui raccourcit le délai de la rédaction des décisions de la justice. La durée du mandat présidentiel n’est désormais renouvelable que deux ans. Ce je souhaite qu’il y ait un dispositif dans ce projet de lois contre une quelconque amnistie accordée au putsch. Ce nouveau projet de constitution empêchera le partage du territoire malien. Il permettra plutôt un État fédéral» a affirmé le Spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel.  

D’après lui, les groupes religieux qui s’opposent à la notion de laïcité, auraient dû proposer des articles interdisant les insultes proférées à la religion musulmane. 

Fatoumata Kané

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