Placée sous le thème «Médias et géopolitique : quel rôle pour les acteurs de l’information et de la Communication en temps de crise et de conflits ? », la première journée de l’école de journalisme et de la communication s’est tenue hier mardi 2 mai 2023 à Kati. Elle vise à donner un cadre d’échanges et de réflexion aux experts.
Ces deux jours de réflexions sur le lien entre les médias et la géopolitique sont axés sur des thématiques comme «Rôle des médias dans la propagation des stéréotypes …»; «La crise malienne et l’accroissement des nouveaux journalistes à l’ère du numérique »; «La communication gouvernementale dans la gestion de la crise sanitaire COVID-19 au Mali »; « L’information par les réseaux en temps de conflit au Mali :la légitimité du journalisme en question » et « La responsabilité sociale des journalistes en période de crise et de conflits : cas du Mali »
Dr Aboubacar Abdoul Wahidou Maiga, directeur général de l’ESJSC a indiqué que l’objectif principal est de promouvoir la recherche en sciences de l’information et de la communication au Mali. D’après lui, l’idée est d’imprimer cet espace d’échanges dans la durée afin de favoriser la réflexion sur des sujets propres aux réalités nationales et continentales en marge de la journée mondiale de la liberté de la Presse.
«En effet, nos chercheurs et experts ne peuvent ignorer l’influence des médias dans la compréhension et la gestion de nos crises et conflits. Surtout que le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) a rendu le traitement de l’information à la fois aisé et insaisissable, car l’information est désormais accessible à tous, aussi bien aux professionnels des médias qu’aux profanes munis de téléphone Android et passionnés de journalisme et de communication sans en avoir la formation requise. Aussi, dans ce monde dominé par des antagonismes idéologiques, territoriaux et économiques, nous voyons les médias de plus en plus subtilement utilisés par les Etats comme outils de guerre» a-t-il détaillé.
Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr Amadou Keita a félicité la direction de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication, notamment le comité d’organisation de la journée scientifique.
«En tout état de cause, je ne peux m’empêcher d’attirer l’attention des acteurs de l’information et de la communication sur leur responsabilité dans des situations de fragilité politique et sociale. Ils doivent faire preuve de responsabilité, de professionnalisme et éviter d’être manipulé sous le couvert d’une démarche présentée comme objective. J’ai aussi apprécié la diversité des profils et des structures d’origine des panélistes. Parmi vous il y a non seulement des enseignants et des chercheurs, mais également des journalistes, des hauts cadres de l’administration, des communicateurs traditionnels, des doctorants et des étudiants. Ce qui donne un avant-goût de la richesse et de la qualité de ces deux jours d’échanges» a apprécié Pr Amadou Keita, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Le ministre de la Communication, de l’économie numérique et de la modernisation de l’administration, Me Harouna Mamadou Toureh, dira que la meilleure manière de développer les pratiques en matière de traitement de l’information, de publicité et de communication institutionnelle et politique, est de favoriser l’émergence des échanges scientifiques sur ces différents domaines.
«Il est impératif que nos chercheurs réfléchissent et nous proposent des stratégies de communication et d’information adaptées à notre environnement et à nos réalités nationales. Nous voyons bien comment ailleurs le rôle des médias est pris au sérieux dans la gouvernance. C’est par leurs canaux d’information diffusés partout et dans toutes les langues que chaque puissance tente aujourd’hui d’imposer sa vision du monde et son idéologie. Le Mali, en tant que pays convoité et qui fait permanemment l’objet d’attaques informationnelles dans ce sens, a besoin de penser sa politique de communication» ajoutait-il.
Fatoumata Kané

