Faciles à manipuler, ces enfants recrutés comme soldats sont exposés à la mort lors des conflits armés notamment les attaques survenus récemment dans le centre du Mali, à Sevaré. L’Etat Major des armées a indiqué l’usage de 10 enfants âgés de 10 à 15 ans pour des fin de guerre. D’après les explications de Seydou Loua, psychopédagogue, ces enfants venant généralement des familles autochtones, ne sont plus responsables de leurs actes après des lavages de cerveaux qui leur sont faits par les groupes terroristes.
Psychopédagogue de formation, pour Seydou Loua, les terroristes se dirigent vers les enfants car ceux-ci sont les plus faciles à manipuler à travers un lavage de cerveau, des menaces, ou leur proposant de l’argent. Ils ont plusieurs stratégies pour les amadouer, a-t-il dit.
«Ils font pression sur les familles pour avoir un combattant dans leur groupe. Dans le cas contraire, ils viennent agresser les membres de la famille. Généralement ils font pression sur des enfants venant des familles autochtones mais ces enfants peuvent venir de n’importe quelle autre famille malheureusement. Tant que vous êtes sur la place d’un conflit, vous êtes exposés à ces genres de situations» a-t-il fait savoir.
Il a mis en garde que les conséquences liées à cet recrutement d’enfants dans les conflits armés, sont majeures car ces enfants sont directement exposés à la mort.
«Un enfant avec une arme en main n’est plus considéré comme un enfant par le militaire en face. Ce sont des enfants qui connaissent une scolarité chaotique, soit ils sont déjà déscolarisés ou n’ont jamais été à l’école. Ils détruisent leur avenir car lorsqu’ils sont adhérés à ces milieux, c’est très difficile pour eux de s’en sortir. L’enfant devient irrécupérable. Leur avenir est remis en cause lorsque les bandits armés arrivent à mettre la main sur eux» a indiqué M. Loua.
D’après lui, ces enfants sont souvent utilisés jusqu’à la mort. Leur éducation est détruite, leur lien social est détruit et ils n’arrivent plus à se défaire de ce milieu dangereux à cause de l’habitude ou la manipulation. Le psychopédagogue a expliqué qu’une fois habitué à ces environnements et actes de violences, la situation devient comme de l’adrénaline pour ces enfants soldats.
L’Organisation internationale du Travail a adopté il y a 24 ans, la convention n°182 portant sur l’interdiction des pires formes de travail des enfants, l’action immédiate en vue de leur élimination et qui interdit l’enrôlement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés. Il faut rappeler que le Mali a ratifié cette loi en 2000.
«La protection des personnes et de leurs biens, notamment les enfants, relève de la responsabilité de l’Etat. On interpelle l’Etat par rapport à la bonne gouvernance et à la sécurisation du pays. Ces groupes armés ne sont pas aussi en phase avec tout ce qui est droit de l’Homme ou convention. Ils ne s’inscrivent pas dans les conditions de respect de droits de l’Homme, pour eux, la faim justifie les moyens. Il faut que l’Etat renforce ses moyens de renseignement pour prévenir l’enrôlement des enfants soldats» a suggéré M. Ibrahim Harane Diallo, journaliste, politologue chercheur à l’observatoire sur la prévention et la gestion des crises au Sahel.
D’après un ancien communiqué des nations-unis, le 5 mars2017, la coordination des mouvements de l’Azawad avait signé un plan d’action pour mettre fin et prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants et la violence sexuelle envers les enfants dans les conflits. Ce plan d’action est valable pour toutes les entités sous l’égide de la CMA
Seydou Loua, psychopédagogue, a conseillé que l’éducation est la meilleure solution pour protéger les enfants contre ces situations.
«L’école est un lieu de protection des enfants. Les enfants non scolarisés peuvent être inscrits dans les centres d’éducation pour le développement, les alphabétisés, les apprendre des métiers. Il faut que les familles restent vigilantes ou sans ces possibilités, faire déplacer l’enfant dans d’autres localités. La plupart des familles présentes sur les sites de violences n’ont pas ses possibilités» regrette M.Loua Seydou.
Fatoumata Kané

