L’un des principes de l’Union africaine et de la Cedeao est d’exclure tout pays membre faisant état d’un coup d’Etat militaire. Notre analyste, directeur de publication de Malikile, Moctar Sow traduit le maintien de la sanction de la Cedeao comme le respect d’un principe. Et pour lui, malgré des avancées de la transition, il n’y a pas une chance de lever cette sanction jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Pour notre interlocuteur Moctar Sow, directeur de publication du journal Malikile, ce refus de la Cedeao se justifie amplement.
« Il fallait s’y attendre, le principe de l’Union Africaine et de la Cedeao est que dès qu’il y a un coup d’Etat militaire dans un des pays membres, ce pays est exclu de ses instances jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel. J’ai été surpris de voir que nos ministres des affaires étrangères, en dépit de leurs expériences puissent demander leur réintégration à la Cedeao» a-t-il exprimé.
A son avis le maintien de la sanction est tout à fait normal jusqu’à l’ordre démocratique et constitutionnel.
«Peut-être que nos ministres n’ont pas été inspirés. Ils ont été séduits par le visage doux des chefs d’Etat de l’Union Africaine en croyant que leur demande sera acceptée. Mais ce n’est pas possible. Leur accepté, c’est comme si eux même ont porté atteinte aux principes de l’Union africaine» a ajouté M. Sow.
Il a affirmé que sous un autre autre angle, cette demande de réintégration aux instances de l’Union africaine témoigne le courage des différents ministres des affaires étrangères de ces trois pays «Qui ne tente rien n’a rien» a-t-il cité.
En dehors de ce rejet de la Cedeao, des avancées réalisées par les autorités de la transition ont été saluées par notre interlocuteur.
«Le Mali a suffisamment évolué. C’est le pays qui a le plus évolué vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel. On a pratiquement fini les projets de constitution dont le référendum qui n’attend que certains détails tels que la date, pour être annoncés. Je suis pratiquement sûr qu’il va y avoir une révision du chronogramme. Nous avons une loi électorale même si celle-ci sera bientôt revue. Nous avons l’autorité indépendante des élections (AIGE) qui a été mise en place dont le président est au four et au moulin pour pouvoir mettre en place des représentations locales et diplomatiques. Le Mali est le pays parmi ces trois pays qui a le plus avancé» a-t-il indiqué avant d’ajouter que l’espoir des maliens est qu’au regard de tous ces avancés, de lever définitivement la sanction.
Par ailleurs, il regrette qu’il n’y ait aucune chance, en dépit de l’amélioration de la situation du Mali avec la Cedeao, l’Union Africaine et la communauté internationale.
Fatoumata Kané

