Il y a une semaine, 3 mouvements composant la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ont formé un seul groupe politico-militaire. C’est le bon prétexte pour adopter l’option martiale et reconquérir Kidal selon Mohamed Abdellahi Elkhalil, spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel.
« Cette fusion est un avantage d’une part car elle permet d’identifier les ennemis du pays. Leur union justifie qu’ils se sont réclamés ennemis du pays » a dit Mohamed AbdellahiElkhalil, spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel.
Il précise que la résolution de la question de Kidal doit être au centre de l’agenda de la transition. « L’histoire du Kidal est le début du commencement, c’est là où toutes les guerres ont commencé ». Mohamed Abdellahi Elkhalil exhorte les autorités de la transition à déclarer la guerre aux bandits armés et narcotrafiquants de Kidal.
« L’État dit que l’armée monte en puissance, avec les armements et les hélicoptères que nous voyons avec l’aide de la Russie. C’est l’occasion pour combattre ces groupes armés, les désarmer et les intégrer à l’armée nationale. Il faut la guerre pour libérer Kidal et ces groupes ne représentent pas la population de Kidal », soutient-il.
D’après lui, si l’Etat leur laisse du temps après cette fusion c’est sûr et certain qu’ils bénéficieront de l’appui et des financements de leurs partenaires des puissances étrangères. Avant qu’ils n’accèdent à des armements, il faut aller à l’offensive, répète l’analyste.
A son avis aujourd’hui l’armée malienne a tous les moyens de conquérir Kidal.
« Il faut des stratégies idoines et immédiates pour libérer Kidal. C’était l’accord d’Alger qui nous empêchait de combattre. En bafouant cet accord, ils ont laissé la voie libre à l’Etat d’aller à la guerre. Il faut qu’on quitte ce statu quo car le pays est bloqué. L’Etat malien doit demander à l’Algérie de clarifier sa position par rapport à la question de Kidal ».
A son avis, cette fusion est survenue après deux événements successifs à savoir une mission internationale conduite par le représentant de l’Union européenne, de la Minusma à Kidal et la suspension de la CMA à la participation de l’accord d’Alger.
D’après Elkalil, Iyad Ag Agaly est l’un des leaders des groupes qui recherchait cette union. « Avant cette fusion, il a demandé à des groupes armés du nord de se réunir pour lutter contre l’Etat islamique (EGS). Cette association des groupes va lui permettre de les manipuler pour combattre l’EGS».
Il ajoute que la lutte contre l’EGS l’arrange, car son groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) est devenu très faible par rapport à l’Etat islamique. Avec la nomination d’un nouveau dirigeant de l’EGS, cela n’a pas plu à Iyad Agaly. Il ne peut le faire seul, il faut qu’il s’appuie sur les autres groupes armés.
« Malgré tout, les autorités de la transition ont montré leur bonne foi d’appliquer cet accord. Le gouvernement a fait des avancées dans l’application de l’accord avec l’intégration des 26 000 ex-combattants au sein de l’armée. Mais ces ex-combattants désarmés qui devraient intégrer l’armée nationale, la gendarmerie, la police, acceptent de s’associer aux groupes politico-militaires. Cette situation va bloquer la mise en œuvre de l’accord d’Alger. C’est la CMA qui a été le premier groupe à se retirer de l’accord» a reconnu le spécialiste des questions sociales et sécuritaires du Sahel.
Fatoumata Kané

