INCARCÉRATION DE FILY SISSOKO: «Détention illégale et arbitraire »  dénonce AMPP 

Dans un courrier, Cheick Mohamed Chérif Koné, président de l’association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP) se dit déterminé à faire triompher la vérité. Mme Bouaré Fily Sissoko a saisi l’Association Malienne des Procureurs et Poursuivants (AMPP) dans une lettre dans laquelle elle sollicite leur soutien face à la fixation d’un montant de caution de 500 millions FCFA dont 200 millions pour garantie et l’inaction des autorités judiciaires dans le dénouement de son affaire dite « l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires » pour laquelle elle est incarcéré depuis le 26 août 2021. 

En réponse à la lettre de Mme Bouaré Fily, Cheick Mohamed Chérif KONE, président de l’association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP) dénonce une détention arbitraire dans un courrier avec ampliation au président de la transition, au conseil national de transition (CNT), aux présidents de la Cedeao et l’Union Africaine etc. 

Concernant les 500 millions à verser pour la liberté sous caution de l’ancienne ministre de l’économie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, le président de l’AMPP révèle  ceci « procède de l’ignorance de la raison même de l’instruction préparatoire ».

Le président a déclaré qu’il urge pour son association d’œuvrer davantage afin de permettre à tous, gouvernants comme gouvernés, de combattre efficacement et avec la dernière énergie, « la dictature judiciaire dont les conséquences sont incommensurables ». Il se dit déterminé à faire triompher la vérité dans cette affaire avec le soutien des associations partenaires. 

Il dénonce un vice de procédure dans le traitement du dossier en rappelant qu’à l’inverse de la Cour suprême, c’est la Haute Cour de Justice qui est seule compétente pour connaître des infractions commises par des ministres dans l’exercice de leurs fonctions ou à l’occasion desdites fonctions.

« La cour suprême du Mali, ne peut intervenir dans le fonctionnement de la Haute Cour de Justice qu’en vertu d’une résolution de mise en accusation de l’Assemblée Nationale. La Cour Constitutionnelle ayant été tranchante sur cette question, aucune autre considération ne devrait conduire des magistrats de la cour suprême, à s’auto saisir pour traiter des dossiers dont la connaissance est spécialement dévolue, à cette seule juridiction hautement politique » a-t-il affirmé. 

La mission de l’AMPP est la promotion de la règle de droit, l’équité et le respect des droits de l’Homme dans la lutte contre la criminalité, la corruption et l’impunité. A cet effet, elle a rassuré que la gestion faite de ce dossier est au cœur de ses préoccupations. 

L’AMPP a rappelé avoir alerté le président de la Transition dès le début de la « détention illégale et arbitraire », à l’effet de mettre fin à des souffrances injustifiées et d’éviter à la cour suprême une crise dont nul ne saurait mesurer les conséquences.   

« Notre association qui partage l’objectivité et le bien fondé de la décision de classement sans suite des dossiers d’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, a été scandalisée par ce montage judiciaire dirigé contre vous et d’autres personnalités aussi respectables », s’indigne Cheick Mohamed Chérif Koné, président de l’AMPP

Dans sa lettre datant du 5 janvier 2023, l’ancienne ministre de l’économie et des finances Mme Bouaré Fily Sissoko se dit surprise de la nouvelle tournure du dossier et le retard du démarrage de son procès, après une année d’incarcération et les conditions imposées pour sa remise en liberté.

« La chambre d’instruction a décidé ma mise en liberté sous réserve du paiement d’une caution ou la constitution de sureté de même valeur. J’ai reçu notification de ladite ordonnance, le 25 Octobre 2022. Ma Défense, en la personne du Bâtonnier Me Alhassane Sangaré a relevé appel de cette ordonnance par acte du 26 Octobre 2022. Aucune suite ne nous a été notifiée à ce jour. Au regard de la tournure que le dossier est en train de prendre, j’ai décidé de solliciter le concours de votre association », a-t-elle indiqué en informant que le montant de la caution a été fixé à 500 millions FCFA, dont 200 millions pour garantie de représentation.

Une somme exorbitante à ses yeux dont elle ne se voit pas prête à débourser : « A mon humble avis, demander à un fonctionnaire malien quel que soit son parcours, de constituer cette somme faramineuse, dans une procédure d’instruction conduite suivant le principe de la « présomption d’innocence » et par une Chambre qui en principe à vocation à « instruire à charge et à décharge », équivaut tout simplement à le traiter de criminel financier de classe exceptionnelle, sans en apporter les preuves ».

Il faut noter que cette affaire d’achat  remonte à 2014. L’avion présidentiel aurait coûté 20 milliards de F CFA tandis que les équipements militaires ont été estimés à plusieurs dizaines de milliards de F CFA.

Fatoumata Kané

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