S’AGIT-IL D’UNE SOUVERAINETÉ PERDUE OU RENOUVELÉE: Le bilan avec des hommes de médias

Les journalistes et analystes pensent que les défis restent énormes pour le Mali avant d’arriver à la souveraineté tant espérée.

Pour Moussa Sayon Camara, journaliste au quotidien L’Independent, voit la célébration du 14 janvier sous 4 angles. 

« Nous pouvons dire que la transition a réussi à faire en sorte que le gouvernement malien ne soit plus subordonné à un autre Etat en termes de prise de décision. Sur le plan relationnel aussi, nous avons plusieurs partenaires ces derniers temps » a-t-il fait savoir. 

« Une bonne partie de notre territoire échappe au contrôle et la population malienne est également divisée. Sur ces deux plans le Mali est loin de retrouver sa souveraineté. Au-delà, la souveraineté alimentaire, la souveraineté dans le secteur de l’éducation, dans le secteur de l’énergie, toutes ces souverainetés restent toujours à reconquérir. A ce jour, le Mali n’a pas une certaine autonomie sur ces plans en plus le Mali n’a pas sa monnaie alors qu’avoir sa monnaie est un symbole fort de la souveraineté » a-t-il conclu.

En se souvenant du 14 janvier dernier, M. Badou Sidi Koba, directeur de publication du journal Triomphe du Mali, a trouvé nécessaire d’instituer cette journée car selon lui plus de 4 millions de maliens sont sortis pour dénoncer l’embargo. 

« A un moment donné le peuple malien avait pris conscience de la situation réelle du pays et il avait une certaine aspiration pour la liberté. Cette journée crée un sentiment de patriotisme et elle en valait la peine mais il ne fallait pas chômer la journée. Elle devrait être plutôt une journée consacrée au travail pour prouver l’indépendance et le patriotisme de la population malienne ».

A son avis, cette journée symbolise plutôt la volonté du peuple malien en quête d’indépendance. Il informe qu’on ne peut parler de souveraineté quand des forces étrangères sont toujours sur le sol malien; quand sur le plan alimentaire le pays dépend de l’étranger; quand plus de 1500 écoles sont fermées; quand les services sociaux de bases ne sont plus sur l’ensemble du territoire national; quand le pouvoir central est absent ; les services régaliens de l’Etat notamment l’administration et les centres de santé ne sont pas présents partout.

Selon lui, en utilisant la notion de souveraineté retrouvée, c’était une manière peut-être d’attirer l’attention publique et la communauté internationale sinon je dirai même qu’on n’a pas retrouvé cette souveraineté puisque nous ne transformons que 2% de notre coton, le reste est destiné à l’exportation.

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