Une mère et son enfant au cœur d’un combat judiciaire qui dure depuis plusieurs années. L’affaire impliquant le Lycée français Liberté A de Bamako, l’Association des parents d’élèves de l’École Liberté (APEEL), ainsi que deux établissements bancaires, la BOA SA et la BDM SA, revient aujourd’hui sur le devant de la scène judiciaire. Les 1ers et 2 avril 2026, deux audiences sont prévues devant le Tribunal de commerce de Bamako.
Selon les déclarations de la mère, Magali Moncourt, son fils, alors élève en classe de troisième au Lycée français Liberté A de Bamako, aurait subi des violences physiques et morales répétées par le passé de la part d’autre élèves. Malgré plusieurs signalements à l’administration de l’établissement, la situation s’est soldée par un incident particulièrement grave.
« Mon enfant a été victime de strangulation devant sa salle de classe, par un de ses camarades », explique la mère. Les faits, jugés extrêmement graves par la mère, auraient pu entraîner des conséquences irréversibles.
À la suite de cet événement, la famille a saisi le Tribunal des enfants afin que justice soit rendue. Le Tribunal a reconnu la culpabilité de l’élève agresseur et prononcé une condamnation à son encontre.
Au-delà de l’agression elle-même, la famille affirme avoir été profondément marquée par l’attitude de l’établissement après les faits. Selon la mère, son enfant, alors en soins médicaux et absent de l’école, n’aurait reçu aucun appel ni message de soutien de la part de l’établissement et de l’APEEL.
Estimant que l’école n’a pas rempli son devoir de protection et d’accompagnement envers l’élève victime, la famille a engagé une seconde procédure judiciaire, cette fois contre le Lycée français Liberté A.
Après plusieurs années de procédure, la justice malienne a rendu sa décision. En juin 2025, le tribunal a condamné l’établissement scolaire à verser des dommages et intérêts à la famille.
Malgré ce jugement devenu exécutoire, la famille rencontre des obstacles dans l’application de la décision. « Le Lycée français Liberté, s’est déclaré insolvable et affirmé ne pas être en mesure de payer », ajoute la mère.
Dans le cadre des démarches d’exécution menées par voie d’huissier, la famille a entrepris des recherches concernant l’existence de comptes bancaires de l’établissement et de l’APEEL. « Toutes les institutions financières à l’exception de l’AFGB (EX BICIM) ont répondu qu’aucun compte n’était enregistré au nom de l’école et de l’APEEL dans leurs livres, ajoute-t-elle.
Une situation que la mère et son conseil jugent paradoxale, estimant disposer de documents liés à des opérations bancaires associées à ces établissements. Ils affirment contester formellement ces réponses et demande que toute la lumière soit faite sur ces éléments.
La famille met également en cause le rôle de l’Association des parents d’élèves de l’École Liberté (APEEL). Selon elle, l’association ne se serait jamais manifestée auprès de la famille après les faits.
Elle affirme n’avoir reçu ni appel, ni soutien, ni prise de nouvelles concernant l’état de santé de son enfant. Pour la mère, ce silence a contribué à renforcer le sentiment d’isolement vécu par la famille durant cette période difficile et une forme de prise de position qui ne dit pas son nom !!!
Des conséquences humaines importantes
Au-delà du contentieux judiciaire, la mère souligne les lourdes conséquences psychologiques subies par son enfant déjà fragilisé par des soucis de santé. L’adolescent continue à suivre un accompagnement médical spécialisé et lourd.
Pour lui permettre de bénéficier d’un suivi adapté, la famille affirme avoir été contrainte de quitter le Mali, pays tant chéri en 2021 pour s’installer à l’étranger. La mère évoque un parcours marqué par des soins intensifs, des difficultés financières et un épuisement moral lié à la durée des procédures.
Dans la poursuite de ce combat judiciaire, deux audiences sont prévues devant le Tribunal de commerce de Bamako :
- Le 1er avril 2026 : une assignation aux fins d’ouverture d’une procédure de liquidation des biens de l’établissement scolaire Liberté A.
- Le 2 avril 2026 : une assignation en responsabilité du tiers saisi visant la BOA SA et la BDM SA afin d’obtenir paiement des sommes dues ainsi que d’éventuels dommages et intérêts.
Par cette démarche, une mère entend attirer l’attention des instances concernées sur une situation qu’elle estime trop grave pour être réduite au silence ou à un simple différend privé. Elle souhaite que ceux dont la mission est de protéger, d’apprécier les responsabilités et de faire respecter le droit prennent pleinement la mesure des faits dénoncés.
À ses yeux, cette affaire soulève des enjeux qui dépassent les intérêts particuliers : la protection de l’enfant, la clarté des responsabilités et l’exécution effective des décisions déjà intervenues.
Au cœur de cette situation se trouvent avant tout un enfant, une famille et une attente légitime de vérité, de justice et de cohérence dans les réponses apportées.
La mère affirme poursuivre sa démarche avec constance et retenue, dans l’espoir qu’une issue juste puisse être trouvée, que les responsabilités soient clairement établies et que les décisions prises produisent enfin des effets concrets.
Affaire à suivre donc !
Alexis Kalambry
Source: Mali-Tribune

