Une affaire de violences scolaires survenue au Lycée français Liberté A de Bamako continue de susciter de vives réactions, opposant la famille d’une victime à l’administration de l’établissement et à l’Association des parents d’élèves.
Selon Mme Magali Moncourt, mère de la victime, son fils, alors élève en classe de troisième, aurait subi de manière répétée des violences physiques et morales de la part de certains camarades. Malgré plusieurs signalements adressés à l’administration, aucune solution durable n’aurait été trouvée, jusqu’à la survenue d’un incident particulièrement grave.
« Mon enfant a été victime de strangulation devant sa salle de classe, par un de ses camarades », affirme-t-elle. La mère considère les faits comme extrêmement graves, évoquant des conséquences potentiellement irréversibles.
Face à cette situation, la famille a saisi le Tribunal pour enfants. Dans un jugement rendu le 28 avril 2025, la juridiction a reconnu la culpabilité de l’élève agresseur. Le tribunal a également condamné l’établissement scolaire, solidairement avec l’auteur des faits, à verser des dommages et intérêts.
Cependant, cette décision est vivement contestée par les représentants de l’école. Lors d’une rencontre, Mme Sinenta Tiguida Diakité, présidente de l’Association des parents d’élèves de l’École Liberté (APEEL), accompagnée de son adjoint Mamadou Gaoussou Diarra, du directeur actuel de l’établissement et de leurs conseils, a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« acharnement juridique ».
Les avocats de l’établissement, dont Me Dicko, présentent une version différente des faits. Selon eux, il s’agirait d’une simple altercation entre deux élèves, comparable à celles observées dans de nombreux établissements scolaires. « Il n’y a eu ni blessures, ni fractures. Une infirmière présente a séparé les deux enfants », a-t-il déclaré.
Ils ajoutent que l’affaire a pris une tournure judiciaire inattendue après la plainte déposée par un parent d’élève contre un autre mineur, déjà fragilisé par la perte récente de son père. Ce dernier a été condamné à verser la somme de 500 000 F CFA à la partie civile.
« Ce n’est pas vrai que les parents ont mis des frais énormes dans les soins. L’enfant est français et partait déjà en France régulièrement pour des soins. Il est pris en charge par la sécurité sociale française », ajoutent-ils.
Au-delà de cette condamnation, l’établissement se dit particulièrement préoccupé par le montant des dommages et intérêts réclamés, estimé à 223 millions de F CFA. Une somme jugée disproportionnée par les responsables de l’école.
« Nous demander de payer une telle somme revient à nous demander de fermer l’école », a déclaré Mme Diakité. Elle souligne que l’établissement, de droit malien mais appliquant un programme français, scolarise environ 1 300 élèves, dont 90 % sont de nationalité malienne, et fonctionne principalement grâce aux frais de scolarité versés par les parents.
Alexis Kalambry
Source: Mali-Tribune

