INPS: Digitalisation et la couverture sociale

L’Institut national de prévoyance sociale (INPS) a tenu, le 17 février dernier, ses 110ᵉ et 111ᵉ sessions du Conseil d’administration, marquées par un changement à la tête de l’organe délibérant et par l’adoption d’orientations stratégiques majeures visant à moderniser le système de protection sociale au Mali.

À l’issue des travaux, les administrateurs ont élu Mossadeck Bally président du Conseil d’administration, en remplacement de Yacouba Katilé.

Ce renouvellement intervient dans un contexte où l’INPS est confronté à des défis structurels : soutenabilité financière des régimes, élargissement de l’assiette des cotisations, amélioration du service aux assurés et maîtrise des risques de gestion. Le choix d’un profil issu du secteur entrepreneurial est perçu comme un signal en faveur d’une gouvernance davantage orientée vers la performance, la transparence et la modernisation.

Digitalisation : vers une administration plus agile

Parmi les décisions phares adoptées figure un projet de modernisation des services, articulé autour de la digitalisation des procédures administratives. L’objectif est triple simplifier les démarches pour les assurés (immatriculation, déclaration, liquidation des prestations) ; réduire les délais de traitement des dossiers ; sécuriser les données et fiabiliser les opérations de recouvrement et de paiement.

Dans un environnement où la transformation numérique devient un levier stratégique de réforme de l’action publique, l’INPS entend ainsi améliorer l’expérience usager tout en renforçant ses mécanismes de contrôle interne.

Autre axe stratégique : l’élargissement de la couverture sociale au secteur informel, qui représente une part significative de l’économie nationale.

Mossadeck Bally, nouveau PCA de l’INPS

Cette orientation répond à une réalité bien connue : une majorité de travailleurs maliens évoluent hors du champ formel, échappant de facto aux mécanismes classiques de protection sociale (assurance vieillesse, prestations familiales, risques professionnels). L’intégration progressive de cette frange de la population constitue un impératif social, mais aussi un enjeu de viabilité financière à moyen et long termes, en élargissant la base contributive.

La réussite d’une telle réforme suppose toutefois des mécanismes adaptés : modalités de cotisation souples, produits assurantiels calibrés pour les revenus irréguliers, campagnes de sensibilisation et partenariats avec les organisations professionnelles.

Transparence et qualité de service : exigences renforcées

Les administrateurs ont également insisté sur le renforcement de la transparence dans la gestion des cotisations et des prestations ; l’amélioration de la qualité des services destinés aux travailleurs et aux retraités.

Dans un contexte de demande sociale accrue et d’exigence de redevabilité, la crédibilité de l’INPS repose sur la rigueur de sa gouvernance, la traçabilité des flux financiers et la clarté de l’information mise à la disposition des assurés.

Un cap stratégique assumé

L’objectif affiché par le Conseil d’administration est sans équivoque :

« Bâtir un système de protection sociale plus efficace, inclusif et adapté aux réalités économiques du Mali. »

Au-delà des déclarations d’intention, les prochaines échéances seront déterminantes : adoption d’un plan opérationnel détaillé, mobilisation des ressources nécessaires, indicateurs de performance mesurables et suivi rigoureux de la mise en œuvre.

Pour l’INPS, institution centrale du dispositif national de sécurité sociale, l’enjeu est majeur : concilier impératifs de soutenabilité financière, extension de la solidarité nationale et modernisation de la gestion dans un environnement économique encore marqué par la fragilité.

Alexis Kalambry

Source: Mali-Tribune

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