Comparu ce vendredi 9 janvier 2026 devant le Tribunal correctionnel d’Abidjan, Mamadou Awa Gassama, membre du Conseil national de transition (CNT), devra patienter jusqu’au 31 janvier prochain pour être fixé sur son sort. Il est poursuivi pour offense au chef de l’État ivoirien et diffusion de propos outrageants sur internet, des faits jugés suffisamment graves pour mobiliser l’appareil judiciaire ivoirien.
Mais au-delà du débat juridique, un fait a particulièrement retenu l’attention des observateurs présents à l’audience : l’isolement manifeste de l’accusé.
Dans la salle d’audience, ce vendredi, un seul proche a été aperçu aux côtés de Mamadou Awa Gassama, en occurrence, son grand frère. Aucun représentant officiel du CNT, aucun collègue de l’organe législatif de transition, aucun responsable politique ou institutionnel n’a fait le déplacement pour lui témoigner soutien ou solidarité.
Un silence qui tranche avec la stature de l’homme poursuivi. Membre d’une institution centrale de la Transition malienne, Mamadou Awa Gassama n’est pas un citoyen ordinaire. Sa comparution devant une juridiction étrangère, pour des faits liés à des propos politiques diffusés sur internet, revêt une dimension institutionnelle et diplomatique que beaucoup estiment ne pas pouvoir être ignorée.
Cette absence quasi totale de soutiens soulève de nombreuses interrogations. S’agit-il d’un abandon pur et simple, laissant l’intéressé affronter seul la rigueur de la justice ivoirienne ? Ou au contraire d’une stratégie de mise à distance, dictée par la sensibilité des relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire, dans un contexte régional déjà marqué par des tensions diplomatiques récurrentes ?
Pour certains observateurs, le silence du CNT et des autorités pourrait traduire une volonté d’éviter toute escalade politique, en laissant le dossier suivre strictement son cours judiciaire. Pour d’autres, cette posture ressemble davantage à une défaillance de solidarité institutionnelle, surtout lorsque l’un des leurs se retrouve exposé à une procédure pénale à l’étranger.
En attendant le verdict prévu le 31 janvier 2026, Mamadou Awa Gassama demeure seul face à son sort, du moins en apparence. Cette solitude, visible et commentée, pourrait peser autant sur le plan humain que politique.
Alexis Kalambry
Source: Mali-Tribune

