Pour aider les journalistes à mieux répondre aux défis de leur profession, les Organisations des Nations-Unies au Mali ont initié trois jours de formations à l’intention de 50 hommes et femmes de média. Ce programme était axé sur la lutte contre la désinformation et les principes du journalisme sensible aux conflits, deux enjeux alarmants dans le contexte actuel du pays.















Selon Dr Bazoumana Traoré, formateur des Nations-Unies, cette initiative s’inscrit dans un engagement global du système onusien en faveur de la liberté d’expression, l’accès à l’information et du renforcement des capacités des professionnels des médias.
«Les Nations-Unies travaillent beaucoup sur ces questions. Chaque année, à travers son groupe de communication qui a un plan d’action nous accompagnons les hommes et femmes de médias pour leur renforcement de capacités. Ce n’est pas la première formation, pour cette année 2025, nous étions autour de 50 journalistes que nous avons formé sur des questions principales, notamment la lutte contre la désinformation et le journalisme sensible aux conflits, deux sujets préoccupants pour le Mali. Nous attendons que ces journalistes comprennent les systèmes des nations-unies, et ce que nous faisions pour un journalisme professionnel. Nous avons des outils et des agences dont les missions sont consacrées à cela tel que l’UNESCO. Nous voulons que les journalistes soient à l’écoute de la population, qu’ils soient sensibles à tout ce qui se passe au pays. Leurs voix comptent. Si des défaillances surviennent dans leur rôle, tout le pays entier peut en ressentir les conséquences » a-t-il expliqué.
Humaniser le conflit, un principe indispensable
Pour le créateur de contenus Sory Diakité, cette formation a permis de saisir l’importance d’adapter son travail à un contexte conflictuel.
« Tout est différend en temps de conflit et le journaliste ne fait exception à ce règle. Il y’a un. Certain nombre de comportements que le journaliste sensible au conflit doit adopter pour se différencier du journaliste classique. Il s’agit d’humaniser le conflit. Que ses éléments et articles suscitent un regard humain au sein de la population et des parties prenantes. C’est valable pour les créateurs de contenus. Chacun d’entre nous a un public cible et ce public doit avoir un intérêt dans les contenus que nous produisons » a-t-il indiqué.
Il a affirmé que dorénavant, les manuels reçus lors de cette formation lui guideront dans ses créations de contenus. Tout juste après la formation, il était pressé d’aller corriger certains de ses contenus planifiés car avant cette session, confiait-il, il n’était pas forcément au courant de certains détails. Il n’a pas manqué d’exhorter ces pairs créateurs et influenceurs à se former car il pense que souvent on a la bonne intention mais on manque d’informations et de bonnes méthodologies.
« La société évolue et il y’a des nouvelles connaissances qui naissent par ce qu’il y’a des nouveaux besoins qui s’expriment. Donc les journalistes et les créateurs de contenus doivent avoir le bagage nécessaire pour être des portes voix, utiles à leur communauté » ajouta Sory.
Un traitement de l’information plus responsable
La journaliste Hawa Adama Coulibaly à l’ORTM, a estimé que la formation lui permettra de réorienter sa pratique professionnelle : « Nous avons compris que souvent en voulant du bien, nous pouvons involontairement nuire. En temps de conflits, certains critères et principes doivent forcément être respecter pour atténuer les tensions et non de l’envenimer. Ce qui m’a beaucoup marqué, c’est la nécessité de sensibiliser d’autres collègues et confrère journalistes à affiner leurs papiers en respectant l’intégrité, la dignité des personnes interrogées, notamment les victimes de violences et de conflits. Dorénavant, je veillerai à canaliser mes propos et à contribuer davantage à la recherche de solutions et de consensus ».
Vigilance face à la désinformation
Cette session de renforcement de capacités constitue pour Thérèse Kamaté, journaliste à ECF-TV, un véritable enrichissement.
« A commencer par le journalisme éthique et intégrité de l’information animé par le Dr Bazoumana Coulibaly de l’UNESCO, nous a permis de réviser l’éthique et la déontologie journalistique. Nous avons vu le rôle du journaliste en tant que médiateur. Notre casquette ne se limite pas à donner de l’information mais à se mettre à la place des gens qui vivent les conflits, à donner la bonne information et à sensibiliser. Je pense que cette formation est très utile et il faut qu’on l’a pérennise pour que d’autres journalistes puissent en bénéficier vu le contexte actuel de notre pays, il est très important de former les journalistes surtout en journalisme sensible aux conflits et en désinformation. Cette session m’a permis également de de distinguer clairement la désinformation, mal information et mésinformation »
Elle appelle ses confrères et consœurs à rester vigilants face à la course à l’information et leur invite à toujours vérifier les infos en allant au-delà des rumeurs car elle est convaincue que personne n’est à l’abri de la désinformation.
Fatoumata Kané

