16 jours d’activisme : 7600 cas de VBG au Mali, chiffre alarmant

Du 25 novembre au 10 décembre 2024, le Mali à l’instar des autres pays membres de l’organisation internationale des Nations-Unies, ONU Femmes ont initié d’énormes activités pour commémorer les 16 jours de campagnes de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG). En 2024, le pays compte 7600 cas de VBG. Un thème national  a été engagé « Rôles et responsabilités de la famille et de la communauté dans la promotion des valeurs pour l’abandon des violences faites aux femmes et aux filles au Mali ».

Cette édition a été marquée par une série d’activité visant à conscientiser la population sur l’importance de mettre fin à ces violences.

Elle a mis en lumière une réalité préoccupante. Les statistiques UNFPA-Mali révèlent une augmentation fulgurante avec 7600 cas de violences basées sur le genre de janvier à mai 2024 soit une hausse de 89 %. Plus 97% des survivantes sont des femmes, dont 19 % des filles de moins de 18 ans, d’après le rapport trimestriel d’octobre 2024 du Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA). 

Ces violences sont faites sous diverses formes, incluant les violences physiques, psychologiques, économiques et sexuelles.

Ce thème national:« Rôles et responsabilités de la famille et de la communauté dans la promotion des valeurs pour l’abandon des violences faites aux femmes et aux filles au Mali », souligne l’engagement et l’importance cruciale de l’implication de chaque membre de la société, en particulier les familles et les communautés, dans la lutte contre les VBG.

La Constitution de la République du Mali révisée en juillet 2023 prévoit les droits des femmes et des enfants.  

Malgré nombreux engagements dans le pays, le contexte demeure préoccupant.

Le GBVIMS de l’UNFPA a rapporté plus de 15 993 incidents de VBG en 2023. Les violences sexuelles, tels que les viols, constituent 25% des cas, et les agressions sexuelles représentant 18%, dont des cas de mutilation génitale féminine, sont les incidents les plus documentés. Ils sont suivis des dénis de ressources (18%), des agressions physiques (17%), de la violence psychologique (15%) et des mariages forcés (7%). Pour les Personnes Déplacées Internes (PDIs), les cas de VBG sont sous-déclarés.

Ces événements durant 16 jours ont permis de sensibiliser le public sur les conséquences des VBG et de promouvoir des comportements respectueux et égalitaires. Les leaders communautaires, les organisations non gouvernementales, les associations féministes ainsi que les autorités locales se sont réunis à travers des conférences débats et des causeries éducatifs impliquant les élèves et responsables scolaires. 

Au cœur des débats on pouvait noter la lutte contre les viols, et mariage d’enfant. Par ailleurs d’autres actions ont été réalisé durant la période à savoir la formation des acteurs locaux. 

Les organisations de la société civile, les autorités gouvernementales et les partenaires internationaux unissent leurs efforts pour lutter contre ce fléau. Des actions concrètes sont menées pour prévenir les violences et accompagner les survivantes.

Pour atteindre un changement durable dans la société malienne, la mobilisation contre les violences basées sur le genre doit se poursuivre au-delà des 16 jours d’activisme.

Chaque année, la campagne des 16 jours d’activismes contre la violence basée sur le genre (VBG) est menée par ONU Femmes. Elle commence du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la Violence à l’égard des femmes, jusqu’au 10 décembre, journée internationale des droits de l’homme. 

Selon l’Organisation des Nations-Unies, pour au moins 51 100 femmes en 2023, la violence s’est transformée en fémicide (homicide visant les femmes), dont plus de la moitié a été commise par des partenaires intimes ou des membres de la famille. L’ONU Femme remet en cause l’efficacité des systèmes et structures visant à protéger les filles et les femmes. Elle souligne ces fémicides comme la preuve.

Fatoumata Kané

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