Ce lundi 17 juin 2024 prochain, la communauté musulmane se prépare à célébrer la fête de Tabaski, et les bétails ont déjà envahi la ville de Bamako. Néanmoins, dans un contexte économique difficile comme celui des trois dernières années, les chefs de famille critiquent la hausse des prix et les vendeurs de moutons expriment leur mécontentement face à la morosité du marché.
La Tabaski, une célébration de foi et de partage se prépare dans un contexte économique tendu au Mali.
Chaque année, l’approche de la Tabaski est visible à Bamako, capitale du Mali, par l’arrivée massive de bétail, notamment de moutons, qui sont un élément essentiel de la fête. Le rituel du sacrifice est pratiqué par les familles musulmanes en référence à l’acte d’Abraham, qui représente leur foi de se soumettre à Dieu.

Les vendeurs de moutons sont confrontés à la morosité du marché, ce qui affecte leur capacité à vendre et à maintenir leurs moyens de subsistance.
«J’ai acheté certains moutons à plus de 100 000 Francs CFA et le moins cher 65 000 Francs CFA pour ensuite payer les frais de transport de Tombouctou à Bamako. Nous sommes une dizaine de vendeurs de bétails. Notre groupe a transporté plus de 130 bétails à Bamako pour 1 million cinquante mille francs CFA. Nous sommes arrivés le jeudi 6 juin dernier pour demander l’autorisation à la mairie de pouvoir vendre nos moutons, ici à l’ACI 2000 au bord du goudron. A ce jour je n’ai vendu qu’environ 6 moutons. Tous les clients se plaignent du manque d’argent. Souvent ils se décident jusqu’à la veille de la fête donc on reste patient. Après la fête nous sommes obligé de bafouer le prix de ces moutons pour pouvoir retourner chez nous et cela est une perte » a indiqué Mahamed Maiga, vendeur de mouton ressortissant d’une commune à 66 km de Tombouctou.
Quant aux chefs de famille à Bamako, ils expriment leur inquiétude face à la hausse des prix, qui rend l’achat de moutons plus difficile. Tel est le cas pour Moussa Kanté, père de famille à Kanadjigila. A force de chercher le bétail le moins cher, il se retrouve à l’ACI 2000 où il regrette la même cherté.
«Les moutons sont plus chers que les années précédentes. Imagines, les moutons de 75000 sont vendus à 100 000 aujourd’hui. La vie est difficile à cause de la crise financière dans le pays et nous sommes tenus de subvenir aux besoins vestimentaires des enfants et de nos épouses. En cas de non achat du mouton, tu devras faire face à l’humeur des enfants donc tu es obligé d’acheter un petit convenable à ton budget. A ce moment, les enfants et les membres de la famille vont à leur tour critiquer la taille ou la grandeur de l’animal » a-t-il affirmé.
A son avis, c’est par coup de chance, les clients tombent sur des bétails moins chers.
La Tabaski, également connue sous le nom de Aïd al-Adha, est un moment de partage, de cohésion sociale et de réflexion sur le sacrifice d’Abraham et un moment pour se réunir en famille et partager avec les moins fortunés.
A notre passage dans les sites de ventes, nous avons appris que le manque de place dans les parcs à bétails favorise la vente croissante sur les trottoirs des goudrons. A cet effet, les mairies récoltent plus de taxes à l’approche de la fête.
Comme on aime le dire, la fête n’est jamais sans défaite. D’après une de nos sources, dans la nuit du lundi 10 juin, un car rempli de moutons a subi un accident provoquant la dispersion des bétails dans les environnants de Baguinéda et faisant des blessés.
Malgré ces défis, la Tabaski reste un moment crucial pour renforcer les liens communautaires et partager avec ceux qui sont dans le besoin. C’est une période où la générosité et la solidarité sont plus importantes que jamais, reflétant les valeurs fondamentales de l’Islam en matière de charité et de soutien mutuel.
Elle nous rappelle l’importance de la résilience, de la foi et de l’espoir pour un avenir meilleur.
Fatoumata Kané

