Déclaration sur le Droit de Grève: Discours Poignant de la CDTM à la 112ème CIT…

La Centrale Démocratique des Travailleurs du Mali- CDTM a pris la parole ce 11 juin 2024 devant l’assemblée générale de la 112ème Conférence Internationale du Travail (CIT), qui se déroule depuis le 3 juin pour clôturer demain 14 juin 2024 à Genève en Suisse. Elle a soulevé les impacts de la crise multidimensionnelle sur les travailleurs maliens et a soutenu la déclaration sur le droit de grève. 

Une importante délégation malienne était dirigée par le ministre du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue social, M. Fassoum Coulibaly, le ministre de l’Emploi, Mme Bagayoko Aminata Traoré, l’honorable Alioune Gueye, Représentant de la commission femme, enfant, emploi et travail du Conseil National de la Transition (CNT), les représentants du patronat et des centrales syndicales . 

A l’entame de ses propos, le Secrétaire Général de la CDTM, Almoudou Ousmane Touré a salué cette initiative, les acteurs sur place et ses camarades travailleurs. Il a également adressé son soutien au nom des travailleurs du Mali à la déclaration sur le droit des grèves.  

«Sans droit des grèves, les impérialistes, le gouvernement vont imposer leurs déshydratants aux travailleurs. Vous savez camarades Secrétaire Général, au Mali, depuis plus de dix ans, nous vivons une crise multidimensionnelle qui a engendré le déplacement des centaines, j’allais dire des milliers de travailleurs qui ont abandonné leur lieu de service dans le nord et dans le centre-ville» a-t-il soutenu.

Aussi Secrétaire général du Syndicat National des Enseignants Fonctionnaires des Collectivités Territoriale (SNEFCT), Almoudou Ousmane Touré a déploré  la fermeture de plusieurs écoles et le déplacement massif de milliers d’enseignants occasionné par la crise sécuritaire qui a paralysé le pays. 

«Je voudrais solliciter la solidarité des travailleurs du monde entier pour que le Mali puisse sortir de cette crise, afin que nos vaillants travailleurs puissent regagner leur poste et travailler en toute sécurité. Vous savez, au Mali, la crise multidimensionnelle a entraîné beaucoup d’autres crises et cela a amené le gouvernement en septembre 2022 à signer un pacte de solidarité et de croissance avec les travailleurs. Mais malgré cette signature, les travailleurs continuent encore à vivre dans des difficultés parce qu’ils n’arrivent pas à avoir le bien-fondé, les fruits de ce pacte de stabilité et de croissance» a-t-il plaidé.

Le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, a avertit que de multiples crises pourraient compromettre les avancées dans le monde du travail. 

Selon lui, les femmes dans les pays à faible revenu présentent un déficit d’emplois de 22,8%, tandis que les hommes ont un déficit de 15,3 %. Dans les pays à revenus élevés, le taux est de 9,7 % pour les femmes et de 7,3 % pour les hommes. «Dans l’ensemble du monde du travail, 45,6% des femmes ont un emploi, contre 69,2% des hommes. Ces inégalités s’ajoutent à celles de l’écart salarial entre femmes et hommes»

Le Directeur de l’OIT a aussi mentionné le déficit d’emplois qui, selon lui, demeure élevé, en se chiffrant à 402 millions pour 2024, comparativement à 2022 où il s’élevait à 473 millions.

«La création d’emplois formels n’a pas suivi le rythme de l’augmentation de la population en âge de travailler. Le nombre de travailleurs informels est passé d’environ 1,7 milliard en 2005 à 2,0 milliards en 2024…»a-t-il signalé.

Selon Dr Fassoun Coulibaly, Ministre du Travail, de la Fonction Publique, et du Dialogue Social du Mali,  il est essentiel que le nouveau contrat social repose sur le respect des droits humains et des principes et droits fondamentaux au travail, tout en assurant l’accès universel à la protection sociale, ce qui reste un défi pour nos pays. Il a évoqué d’autres défis tels que les injustices persistantes, l’insécurité sur le marché du travail, les inégalités de plus en plus élevées, la combinaison de crises multiples et la violation du contrat social.

D’après lui, le dialogue social reste essentiel pour renouveler le contrat social.

Il faut rappeler que cette session avait pour objectif de discuter du rapport du Directeur général, du rapport du Président du conseil d’administration, des budgets de l’organisation, des conventions internationales du travail, l’application des conventions ratifiées par les États. 

Il était aussi à l’ordre l’adoption d’une convention internationale sur les dangers biologiques, une discussion générale sur le travail décent et l’économie du soin, une discussion sur les principes et droits fondamentaux au travail ainsi que l’élection des membres du conseil d’administration pour la période 2024-2027. 

Fatoumata Kané

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