Pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, le gouvernement du Mali a avertit l’Algérie dans son communiqué en date du 24 janvier 2024, de se tenir hors des affaires intérieures de l’Etat malien en raison de nombreuses actions récentes qualifiées d’inamicales, hostiles et ingérences.
Avec un ton professionnel, formel et ferme, les autorités maliennes de la transition ont rappelé à l’Etat Algérien les soutiens antérieurs du Mali à l’Algérie en période de guerre coloniale et l’ont demandé de s’abstenir de toute action susceptible de nuire aux intérêts du peuple malien.
«Les relations de bon voisinage exigent des comportements responsables, qui doivent être guidés par le sens de l’empathie et le respect mutuel. Le gouvernement de la transition serait curieux de savoir le sentiment des autorités algériennes, si le Mali devait accueillir au plus haut sommet de l’Etat, des représentants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie» a avertit Colonel Abdoulaye Maiga, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement.
A travers ce communiqué, les autorités de la transition montrent que la défense de la souveraineté nationale n’exclut pas leur attachement à la promotion des relations amicales et harmonieuses avec l’ensemble des Etats du monde.
L’Algérie et le Mali partagent une frontière commune de plus de 1300 km, qui traverse des zones désertiques difficiles à contrôler. Les deux pays ont également une histoire commune, marquée par la lutte contre le colonialisme français et la coopération dans le cadre du Mouvement des non-alignés.
Depuis quelques semaines, les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées, suite à une série d’incidents diplomatiques et sécuritaires.
Selon le gouvernement, l’Algérie a adopté une posture sournoise face à la transition politique et sécuritaire en cours.
En effet il condamne des cas suivants:
– L’imposition d’un délai de Transition aux Autorités maliennes, de manière unilatérale ;
– L’accueil sans concertation ou notification préalable et au plus haut sommet de l’Etat Algérien de citoyens maliens subversifs et de citoyens maliens poursuivis par la justice malienne, pour actes de terrorisme ;
– L’existence sur le territoire algérien de bureaux assurant la représentation de certains groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, devenus aujourd’hui des acteurs terroristes ;
– La volonté des autorités Algériennes à maintenir le régime de sanctions des Nations Unies concernant le Mali, au moment où le Mouvement des Non Alignés et la Fédération de Russie s’y opposaient dans l’intérêt du Mali qui demandait la levée dudit régime ;
– La main cachée des autorités algériennes dans une manœuvre consistant à imposer un chapitre sur le Mali dans le document final du sommet du Mouvement des non-alignés à Kampala, en Ouganda, sans le consentement des autorités maliennes.
«Le Mali invite les autorités algériennes à se remémorer également leur responsabilité dans la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel. S’il est vrai que l’intervention de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN) a exacerbé la menace terroriste, il n’en demeure pas moins que c’est l’installation dans le Sahara du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien, puis son allégeance à Al-Qaida qui marquent l’avènement du terrorisme international dans la région» a été cité par le porte parole du gouvernement.
Toutefois, cet incident diplomatique peut être aussi une opportunité pour renforcer la cohésion nationale et la solidarité régionale autour du Mali, en mobilisant les forces vives du pays et les partenaires extérieurs favorables au dialogue avec les autorités de transition. En prenant du bon côté, cette crise peut être constructive, visant à accompagner le Mali dans une transition pacifique, démocratique et de développement.
Fatoumata Kané

