RENTRÉE SCOLAIRE : LA COMMISSION NATIONALE DE L’UNESCO INVITE À UNE UTILISATION RATIONNELLE DES RESSOURCES D’EAU

L’eau potable et l’assainissement adéquat se font de plus en plus rares au monde, notamment en Afrique occidentale. Pour mieux démarrer l’année scolaire, malgré ce déficit, la commission nationale de l’Unesco en partenariat avec l’ICESCO et le ministère de l’éducation ont sensibilisé les responsables d’écoles sur la rationalisation dans l’utilisation des ressources d’eau dans les différents établissements. Cet atelier fut déroulé du 9 au 13 octobre 2023.

Cette sensibilisation s’inscrit dans la continuité du Programme WASH dont l’objectif est de développer la conscience citoyenne sur les effets néfastes des changements climatiques, la gestion de l’eau et l’assainissement.

La secrétaire générale de la commission nationale de l’Unesco, Mme Diallo Kadiatou Maiga s’est dit préoccupée par l’insuffisance d’eau et de latrines dans toutes les écoles maliennes. Elle a précisé que l’eau et l’assainissement étant parmi les droits fondamentaux de l’Homme, manquent à plus de 3,7 milliard de personnes au monde. 

Dr Ismaïla Diallo, expert au secteur des sciences et de la technologie à l’ICESCO, a noté un déficit pluviométrique qui se traduit par un glissement des isohyètes vers le sud occasionnant une diminution de 20 à 40% des écoulements des grands cours d’eau.

Face à ce constat, il a recommandé un changement de comportement pour une meilleure rationalisation de l’utilisation de l’eau. D’après lui ce bien collectif mérite une gouvernance responsable et des technologies efficaces pour sa collecte, son stockage et sa distribution. Il s’agit des puits, réservoirs, systèmes d’irrigation et les stations de traitement d’eau.

«L’eau contribue à l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le maintien des enfants à l’école. Les élèves et les enseignants sont mieux placés pour apporter ce message à l’ensemble de la population pour une utilisation rationnelle de ce bien commun qui est l’eau car dans chaque famille il y au moins un élève» a évoqué Dr Augustin Poudiougou, Conseiller technique du ministère de l’éducation, en remerciant l’ICESCO pour l’intégration du programme Wash au niveau des écoles.

Atelier National de sensibilisation sur la rationalisation de l’utilisation des ressources en eau

Selon Dr Ismaïla Diallo, la rationalisation élimine tout gaspillage qui coûte aussi cher aux consommateurs qu’à la collectivité.

Laisser égoutter l’eau du robinet, occasionne une perte de 1 à 4 litres d’eau par heure. Les estimations font état d’une perte moyenne de 25 % de la consommation en eau par fuite et par gaspillage.

Dr Diallo Ismaïla, Expert en sciences et technologie

En plus d’un appuis éducatif, ce projet Wash a permis des aides sur le plan social et sanitaire pour lutter contre la propagation de la Covid-19 en 2020.

«Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’amélioration des services WASH dans 1000 écoles rurales du monde islamique “Un enfant à l’école, un espoir pour l’avenir” 2021-2025, la Commission nationale malienne pour L’UNESCO et L’ICESCO à mis en œuvre le projet d’amélioration des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans 30 écoles du Mali. Ce projet a permis, avec l’appui financier de notre partenaire ICESCO, à 30 écoles rurales des académies de Bamako rive Gauche, de Bamako Rive Droite, de Dioila, de Kita et de Kati de bénéficier des produits et du matériel sanitaires, d’une amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour une meilleure santé et une éducation de qualité des élèves » a indiqué Mme Diallo Kadiatou Maiga, secrétaire générale de la commission nationale de l’Unesco.

Atelier National de sensibilisation sur la rationalisation de l’utilisation des ressources en eau

L’expert au secteur des sciences et de la technologie à l’ICESCO a interpellé les citoyens de veiller à ne pas polluer l’eau car en Afrique de l’Ouest, il estime que chaque jour plus de 500 enfants d’au moins de 5 ans meurent du fait des maladies diarrhéiques dues à la consommation d’eau non potable. Il a affirmé que les effets de la pollution de l’eau occasionne près de 20 milliards de dollars de perte à l’échel mondial et menacent la survie de la faune et de la flore.

Il a déclaré que le ruissellement des engrais chimiques, les pesticides, les produits phytosanitaires sont les principaux polluants de l’eau. 

Dr Ismaïla Diallo a ajouté à ces effets les activités domestiques, les marées noires provoquées par le déversement des hydrocarbures et les micropolluants provenant des établissements de soins de santé. 

Il a invité les autorités à créer des politiques de gestion intégrée, impliquant toutes les catégories d’acteurs, des consommateurs locaux au gouvernement en passant par les organisations non gouvernementales, les secteurs privés, les associations de jeunes et bien d’autres.

Pour préserver la vie humaine et le potentiel de production des écosystèmes, il recommande d’adopter un traitement des eaux usées, des pratiques agricoles plus durables qui réduisent les effets négatifs du ruissellement et protéger les cours d’eau par la gestion des déchets industriels. 

Fatoumata Kané

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