Sous la pression des djihadistes et des autorités, les menaces deviennent pesantes sur les journalistes au Sahel, a indiqué Reporters sans frontières dans une enquête publiée le 3 avril 2023. Il a précisé que la couverture médiatique des crises de la zone devient de plus en plus difficile pour les journalistes. Face au défi d’informer et de lutter contre la désinformation, des appels et recommandations sont formulés à l’attention des autorités du Sahel pour garantir la liberté de presse.
Au Mali, selon le rapport du Reporters sans Frontières, les zones à très haut risque en raison de la menace terroriste, étaient la région de Gao et Kidal. Mais depuis la mi-juillet 2022, les attaques terroristes ont également transformé le centre, le sud du pays, et les environs de Bamako en zones dangereuses.
Après la libération du journaliste français Olivier Dubois, en otage durant 711 jours au Mali, le Reporters sans frontière (RSF) se dit inquiet par les difficultés de l’état du droit à l’information surtout ayant observé l’expulsion des correspondants des quotidiens français Le Monde et Libération par les autorités de la transition au Burkina Faso le samedi 27 mars 2023.
Selon le rapport du RSF, Cinq journalistes ont été tués au Sahel en l’espace de 10 ans, tandis que deux autres ont été récemment portés disparus. Des centaines d’autres ont été menacés et ne peuvent plus exercer leur profession sans risquer leur vie.
Au Mali, de 2013 à aujourd’hui, le RSF rapporte ceci ; 3 journalistes tués, l’un pris en otage, 3 disparus, 12 détenus et 12 autres exactions telles que les agressions, menaces et pillages à l’endroit des structures médiatiques.
Après avoir cité l’exécution de la journaliste française Ghislaine Dupont et le technicien radio Claude Verlon, de Radio France internationale (RFI) survenu le 2 novembre 2013, le reporters sans frontière note aussi ce cas «Depuis le 8 avril 2021, les journalistes ne se rendent plus non plus à Gao, dans le nord-est du Mali. C’est à cette date qu’un autre journaliste français, le correspondant de Libération, du Point et de Jeune Afrique, Olivier Dubois, est enlevé alors qu’il se rendait dans la région pour interviewer le chef d’un groupe armé»
Il nomme le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et le groupe État islamique comme prédateurs des médias. Puis l’ONG souligne que l’arrivée au pouvoir des militaires reste un défi pour les journalistes au Sahel qui regardent leurs médias sous le contrôle des mesures d’interdiction ou de restriction, voire d’attaques ou d’arrestations arbitraires.
Sur 180 pays au monde, le Mali se classe en 111ème place en termes de liberté de presse. Il dispose d’au moins 700 médias, 300 titulaires de la carte de presse après l’adoption de la Constitution consacrant la liberté de presse et d’opinion depuis plus de 31 ans. Il a 23 ans, le Mali a adopté la loi portant sur le régime de la presse, criminalisant certains délits de presse.
Fatoumata Kané

