La semaine dernière, lors de la visite au Mali du ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les maliens ont pleinement manifesté leur intérêt et leur réjouissance. D’après Baba Dakono, analyste, cette visite ouvre d’avantages perspectives à la Russie dans le Sahel.
Baba Dakono, chercheur et analyste pense que la visite du diplomate russe Sergueï Lavrov avait beaucoup d’objectifs. «La Russie est en train de conquérir le Sahel et d’autres partenaires comme le Burkina Faso, le Tchad» a-t-il indiqué.
D’après le chercheur, cette visite politique visait à rassurer l’opinion nationale que le Mali est toujours dans le cadre de collaboration avec la Russie et pour la Russie, marquer sa présence dans la zone sahélienne; développer des stratégies militaires en Afrique ; particulièrement l’Afrique de l’ouest.
«Cette première visite est symbolique et elle renforce les relations diplomatiques entre le Mali et la Russie. Elle permet d’espérer d’avantages de perspectives russes dans le sahel. La principale leçon à tirer est liée au partenariat que les sahéliens cherchent à avoir dans le cadre de la lutte contre le terrorisme».
Pour lui, le partenariat que le sahel doit avoir avec les autres partenaires ne doit pas être reposé sur le simple fait d’octroyer les équipements militaires parce que le militaire est indispensable mais à elle seule, est insuffisante.
«Pour une amélioration de la gouvernance, il faut promouvoir des investissements productifs dans les zones reculées du pays, notamment des terres fertiles à produire du coton », a-t-il conseillé.
Au-delà des équipements militaires, le chercheur pense que la Russie pourrait apporter l’appui diplomatique, des conseils techniques pour que le mandat de la Minusma soit adapté. « L’actuel est inefficace pour la lutte contre le terrorisme d’une part et d’autre part on constate que malgré sa présence l’insécurité augmente », dit-il.
D’un point de vue diplomatique, le chercheur suggère que la Russie pourrait protéger le Mali et articuler le mandat de la Minusma pour qu’il soit efficace.
« En dehors de ces deux appuis, la Russie ne fait pas les types d’appuis que les pays occidentaux font, parce que ce n’est ni dans ses vocations ni dans ses capacités» a-t-il déclaré.
Fatoumata Kané

