HARCÈLEMENT SEXUEL: Quand les loups crient au loup !

Le réseau Wildaf a exhorté au cours d’une conférence de presse, les défenseurs de droits de l’Homme du Mali à une forte mobilisation autour du cas de Kadiatou Ndiaye. Ayant accusé son employeur de harcèlement sexuel, elle est poursuivie par celui-ci ! Le loup qui crie au loup !

Sur un plateau d’une télé privée, Mme Kadiatou Ndiaye a accusé un collègue à elle, tous les deux employés d’une société minière, de l’avoir harcelé. N’étant pas parvenu à ses fins, et nommé entre-temps directeur, le présumé harceleur fera licencier Kadiatou Ndiaye.

Après avoir passé sur la chaine Africable, celui qu’elle accuse de l’avoir harcelé, a porté plainte contre elle, contre la chaîne et contre l’animatrice de l’émission. Wildaf une ONG intervenant dans la promotion des droits de femmes a donc pris à bras le corps le dossier.

Samedi, Mme Bouaré Bintou Founè Samaké, a rencontré la presse pour dénoncer cette injustice. « L’or du Mali ne sera pas exploité sur le corps des Femmes », dira-t-elle.

« La société minière a trouvé que ces propos tenus par Kadiatou Ndiaye sont diffamatoires. Elle a donc porté plainte contre la victime, l’animatrice et la télé. Le jeudi 26 janvier, nous avons été devant les juridictions pour une audience de consignation pour aller en procès. L’objectif est de nous faire taire, de nous faire peur »,  a indiqué Mme Bintou Founé Samaké. Elle a rassuré qu’elles travaillent avec des avocats qui analysent les preuves détenues par la présumée victime. Ces preuves sont des enregistrements vocaux, des messages et d’autres documents.

Widaf a saisi le ministère de la promotion des femmes, des enfants et de la famille et des organisations de défenses des droits des femmes et des filles. Kadiatou Ndiaye avait témoigné ouvertement d’être victime d’une violence multiforme à son lieu de travail.

« Je suis géologue. J’ai travaillé à la mine d’or de Loulo pendant 9 ans. J’ai été victime de harcèlement, d’injustice, de discrimination, le refus de m’accorder mes congés annuels de 2020 et 2021. Me prétendre pour une folle en complicité avec leur médecin pyschologue me met hors de moi. La direction de Loulo à travers l’adjoint du DRH et le chef du personnel m’ont demandé de démissionner ou de signer un départ négocié que j’ai refusé. J’ai été victime d’un licenciement abusif et de menaces de mort par le premier responsable de Barrick qui est le directeur des opérations pour l’Afrique de l’Ouest » a informé la présumée victime tout en affirmant qu’elle dispose des témoins oculaires et de preuves irréfutables pouvant témoigner l’affaire.

L’argent fait-il taire la vérité ?

Dans un premier temps, Wildaf avait envoyé la dame à la télévision nationale pour s’exprimer. La diffusion de cette émission a été également interdite. Africable a accordé le droit de réponse à la société impliquée, à travers un représentant qui a été diffusé contrairement à l’enregistrement effectué sur le témoignage de Kadiatou Ndiaye. D’après les réponses du représentant de la structure minière, une demande de mariage ne peut être considérée comme un harcèlement sexuel.

“Avant cette émission c’est la télévision nationale nous a demandé de nous associer à elle pour pouvoir faire une émission sur le harcèlement sexuel en milieu du travail. Ils nous ont demandé de leur fournir des personnes ressources. Après l’enregistrement, la mine a saisi la chaîne publique de ne pas diffuser l’émission. Et l’émission n’a jamais été diffusée malgré nos multiples tentatives de pouvoir parler aux responsables de la chaîne. Nous sommes allés sur une chaîne privée et après l’enregistrement ils nous ont dit que la structure est venue retirer l’élément en intégralité ».

« S’ils ne se reprochent pas les faits, pourquoi toutes ces actions. C’est que c’est un mécanisme réel instauré dans une structure. Il ne faut pas que les personnes se donnant le pouvoir d’empêcher les gens de travailler» affirme la présidente. 

Fatoumata Kané

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