JOURNÉE DE SOUVERAINETÉ RETROUVÉE: La vulgarisation par l’école

Le gouvernement de transition du Mali a institué le 14 janvier, journée de la souveraineté retrouvée. Des établissements scolaires ont abrité les manifestations. Pourquoi les écoles? Quels impacts sur les élèves? Nous avons interrogé quelques acteurs de l’éducation.

Mamadou Badiaga, Enseignant chercheur à la faculté de science technique (FST) : « Tout commence par l’école et tout finit par l’école »

Mais les acteurs de l’éducation n’ont pas été associés à l’organisation de cette journée. Je mets l’accent sur les enseignants et les élèves et étudiants. Cet événement a été parachuté. Ils auraient pu donner la chance aux acteurs de s’exprimer sur la problématique.

Quand on parle de souveraineté, il faut d’abord une école souveraine. Alors que nous ne sommes pas du tout indépendants à l’école. Nous sommes toujours dépendants de l’aide de l’extérieur. Nos systèmes éducatifs sont financés par les bailleurs internationaux.

Depuis l’avènement de la démocratie, l’école est devenue un grand laboratoire. Tous les essais se font chez nous. Cela signifie qu’on a toujours les mains liées. Pour être souverain il faut être carrément indépendant. Cette indépendance commence par l’école. Ce n’est pas un fait nouveau car depuis Modibo Keita, il y avait déjà la souveraineté. Je dirais que ce n’est pas la souveraineté qui est retrouvée, mais plutôt la revalorisation de la culture malienne.

Pour ce qui concerne la journée, je trouve que c’est bien en commençant par l’éducation civique et morale. Le changement commence par les enfants qui naissent. On pourrait enseigner les notions de souveraineté, de l’Etat et de la grandeur du Mali.

Sekou Koné, directeur du second cycle 1 du groupe scolaire de Torokorobougou : « Cette célébration dans les écoles développe chez les petits enfants le sentiment de patriotisme… »

Nous sommes dans la même dynamique. Avec nos élèves, nous avons été très contents de voir une journée dédiée à la souveraineté. Notre pays peut décider de ses partenariats. Nous sommes autonomes. Aucun autre pays ne peut plus nous dicter la conduite de notre pays.

Cette célébration dans des écoles développe chez les petits enfants le sentiment de patriotisme. Nous avons élaboré des fiches techniques de préparations que nous soumettons à l’appréciation de nos maîtres notamment ceux qui enseignent l’éducation civique et morale et aux maîtres généralistes au niveau du primaire. C’est ce que nous avons fait la veille de la célébration de la journée de souveraineté” 

Ousmane Almoudou Touré, secrétaire général du syndicat de l’éducation : « L’école est le cadre approprié »

Nous trouvons que c’est une bonne chose d’organiser la journée de souveraineté dans les écoles. C’est bien d’affirmer notre souveraineté dans les établissements car c’est le lieu de formation des élèves qui sont appelés à diriger demain le pays. Je pense que le gouvernement a accentué la célébration de cette première journée pour des raisons bien précises.

L’école est un cadre approprié pour célébrer cette journée, non seulement cultiver chez les enfants l’esprit patriotique mais aussi les informer sur la géopolitique, les sanctions imposées à notre pays. Au-delà des sanctions de la communauté sous-régionale, tout le monde sait qu’il y a eu des mains extérieures qui ont beaucoup influencé et contribué à la prise de ces sanctions.

A mon avis il était important d’indiquer cela dans les écoles, que les enfants comprennent ce qui se prépare contre le pays afin de se préparer pour prendre la relève. Nous ne voyons pas d’inconvénient pourvu que toute considération politique ou de récupération politique ne soit mêlés de cela. Qu’il reste dans le cadre d’une prise de conscience collective du peuple malien vis-à-vis de son destin.

Mamadou Salia Touré, directeur du groupe scolaire de Kalaban Coura : « La majorité de ces enfants ne suivent pas les médias »

Après l’installation, l’accueil et l’hymne national et vers 8 heures la leçon modèle a été dispensée dans toutes les classes. En un mot c’est pour mettre tous les enfants au même niveau d’information.

En réalité, la majorité de ces enfants ne suivent pas les médias. Avec cette méthode de célébration, ils sont informés et même si on donne des sujets sur ces aspects, ils pourront s’en sortir. Concernant l’enseignement de cette journée de souveraineté retrouvée et celui de l’indépendance, je ne vois pas une très grande différence car les enfants sont déjà imprégnés à travers les cours d’histoire-géo.

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