COUMBA BAH, ENTREPRENEURE ET ACTIVISTE: « Devant chaque adversité, il y a du positif »

Selon l’entrepreneure et la combattante des droits de la femme, Coumba Bah, malgré la haute croissance du nombre d’hommes touchés par le coronavirus, avec le nombre élevé de décès masculins, les femmes également ont été sérieusement secouées. Elle précise qu’elles ont subi économiquement avec les pertes de revenus surtout pour le secteur informel dominé au Mali par les femmes.  

Coumba Bah, activiste et femme entreprenante

« Avant les études et les moyens de transmission de la maladie et son cycle, les premières mesures étaient la fermeture des business et l’instauration du couvre-feu. Donc toutes les gargotes tenues par les femmes ont été confrontées à une perte soudaine d’une grande partie de leur recette journalière », explique Mme Bah. Selon elle, c’est le cas aussi chez les milliers de femmes commerçantes transfrontalières qui exportent les biens de la Chine ou encore de Dubaï avec la fermeture des frontières et les interdictions de voyage.

Selon l’activiste, les résultats temporaires collectés par l’Onu Femmes sur les effets de la Covid-19 au Mali indiquent que parmi les entreprises qui ont subi une diminution ou une perte de revenus, 86 % des femmes étaient touchées dont 6 % qui ont déclaré avoir perdu complètement leurs revenus.

Outre les impacts économiques, notre interlocuteur attire l’attention sur d’autres effets. Les pertes économiques dues aux licenciements, chômages techniques ont touché de nombreux braves hommes qui sont époux, pères, enseignants, hôteliers et bien d’autres. Cette contrainte financière s’est traduite par des stress ayant généré des violences conjugales à l’égard de certaines épouses.  Combien de mariages brisés ? Combien de tensions dans les couples ? Autant d’effets négatifs que cite Coumba, ayant fracassé et continuent à compliquer la vie de plusieurs femmes directement ou indirectement. 

Malgré ces souffrances endurées par les femmes, elles ont su être résilientes et ont tiré des leçons positives de la Covid-19. Notre interlocuteur souligne le niveau de connectivité et de réseautage, le Networking qu’elle qualifie de très important pour le leadership féminin. Elle ajoute que via les plateformes numériques, les leaders et les couches sociales ont pu être interconnectés. A son avis, cela n’était pas évident auparavant.  Plusieurs femmes ont maîtrisé les outils informatiques en période de confinement. 

« Aussi le télétravail, les restrictions de mouvements voire le confinement ont permis à beaucoup de passer du temps avec les enfants, mieux les connaitre et les éduquer. Cette période nous a permis de revoir notre course contre l’argent et revoir nos priorités et nos aspirations profondes. Pour les recommandations, si l’Etat ou les partenaires au développement pourraient penser à des réponses genre sensibles et désagrégées en fonction des vulnérabilités et des sensibilités et non des solutions ou réponses uniques qui devraient s’appliquer à toute ; profiter de cette crise pour revoir notre système et modèle éducatif. L’intégration du numérique à bas âge et à tous les niveaux permettrait non seulement de réduire les coûts mais surtout d’assurer ce droit fondamental et constitutionnel à tout un chacun : l’accès à l’éducation et une éducation de qualité et de quantité pour chaque fils et chaque fille du pays », interpelle-t-elle.

Fatoumata Kané

Source: Mali Tribune

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