Le remaniement du gouvernement de la transition a eu lieu le 5 octobre 2020 procédant à la nomination de 25 ministres dont 4 femmes. En revanche ce gouvernement n’a pas remplie les conditions de la loi 052 qui accorde 30% relatif à la représentation des femmes aux postes nominatifs et électifs. Les femmes dénoncent cette violation et déclarent le respect strict de la loi.
Les femmes craignaient cela bien avant la mise en place du président de la transition, son vice-président et son premier ministre. Elles s’interrogeaient sur la représentation équitable dans la nouvelle équipe du gouvernement. Cependant le Cafo et ses militantes avaient initié un observatoire avant la constitution du gouvernement de Moctar Ouane.
A la suite de la mise en place de 25 ministres, les femmes ont constaté une violation flagrante de la loi du 30% du quota qui a été mis en exécution en 2015. Ainsi elles ont organisé une marche pacifique hier jeudi 8 octobre 2020 pour adresser leur déclaration vis-à-vis de cette violation.
‘’Nous sommes conscientes que le gouvernement a été déjà constitué mais nous savons aussi que l’équipe des cabinets ministériels ne sont pas encore mis en place ni le comité national de transition c’est-à-dire l’organe législatif de 125 membres. Comme nous avons perdu 15% de l’autre côté donc on peut octroyer un minimum de 40% aux femmes pour rectifier le tir. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous saluons la nomination de ces quatre femmes et félicitons leur courage. Elles sont des femmes compétentes, engagées et patriotes. Une loi n’est pas faite pour être violée. Nous ne voulons pas donner des mauvais exemples à nos enfants. Nous comptons sur une rectification dans les autres postes nominatifs et toutes les décisions gouvernementales pour qu’on ne sorte plus jamais pour revendiquer les lois’’Coumbah Bah, chroniqueuse et consultante.
Plusieurs structures féminines ont pris part à cette marche en vue d’inciter les plus hautes autorités au respect strict des lois votées et exécutées. ‘’Avec plusieurs associations féminines, bonnes volonté, hommes et femmes, nous avons marché pacifiquement pour remettre notre déclaration aux plus hautes autorités en occurrence au premier ministre Moctar Ouane pour qu’il la remette au président de la république N’Bah N’Daw. C’est à la suite de plusieurs violations graves des droits des femmes et des filles précisément la loi 052 de 2015 que nous sommes sortis’’ a indiqué Coumba Bah, consultante et chroniqueuse.
Selon elle le Mali a ratifié de son plein gré les lois de la constitution et tous les instruments internationaux qui affirme même la parité 50-50. Elle rappelle que le contexte dans lequel on évolue et les difficultés liées à la scolarisation des femmes et leur sous-représentation, les femmes peuvent préalablement se contenter des 30% de quota.
‘’C’est une loi qui émane de la volonté politique. Elle a été proposée par les femmes parlementaires à l’époque et votée par l’assemblée nationale. Depuis lors on semble choisir la loi quand ça nous arrange et l’ignorer quand ça nous dérange. Et cela ne pas continuer. A mon avis, nous vivons dans une situation très critique où on doit relever plusieurs défis. On doit à notre avantage faire engager les femmes et leur faire participer aux prises de décision. C’est clair et nette que le Mali ne peut pas avancer qu’avec les hommes. C’est à notre avantage de reconnaitre et engager la compétence féminine et l’éducation de nos enfants’’ déclare la chroniqueuse.
Les militantes ont salué et remercient beaucoup l’accueil respectueux et fraternels du premier ministre Moctar Ouane.
C’est le 30 juillet 2014 que le gouvernement malien a adopté ce projet de loi instituant de nouvelles mesures pour promouvoir l’égalité de genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Selon des sources en 2006 un projet de loi accordant un quota de 30% de place aux femmes sur les listes électorales a été rejeté par l’assemblée nationale au motif qu’elle n’est pas conforme à la constitution.
C’est après plusieurs combats féminins que cette loi 052 du 18 décembre 2015 fut entrée en vigueur. L’application de la loi était sur une bonne voix lorsque dans le gouvernement de Soumeylou Boubeye Maiga en septembre 2018, les femmes comptaient au nombre de 11 sur 32 ministres. De part cette ascension le nombre représentatif des femmes s’affaiblit de plus en plus dans le gouvernement. En 2017 le gouvernement malien comptait 36 ministres dont 9 femmes. C’était encore neuf femmes qui occupaient les postes ministériels en mai 2019.

