Soucieuse de l’éducation africaine, Mme Tshombé Uzany a créé l’entreprise Kwanza pour appuyer l’enseignement à travers la pédagogie Montessori. Elle est experte en communication mais s’est impliquée dans l’amélioration de l’éducation africaine notamment malienne à partir de 2015 par la fabrication de matériels didactiques pour enfants. Son objectif principal consiste à inculquer aux enfants des valeurs morales, intellectuelles, et physiques dès les 3 – 6 ans.

Sa plaidoirie vise la priorisation des écoles maternelles spécifiquement, les écoles publiques. Elle plaide auprès du ministère de l’Education nationale, des églises et des associations catholiques. Mme Tshombé Uzany, experte en communication a eu le privilège d’avoir la direction nationale de la petite enfance spécialisée du Mali pour une visite du travail qu’elle mène depuis des années.
« Mme Coulibaly Maria et son équipe sont venues voir les outils didactiques et elle a bien reconnu les matériels Montessori. Depuis 2015, j’ai commencé à fabriquer ces matériels. C’est en mars 2018, avec la visite de la directrice de la petite enfance et la Coopération suisse, que j’ai eu l’opportunité d’enseigner ces pédagogies Montessori dans le cadre de la stratégie de scolarisation accélérée (SSA) vers Koutiala et Sikasso. En 2019, j’ai formé 14 superviseurs plus les animateurs et les coordinateurs », a-t-elle informé.
Au cours d’un atelier de validation, 22 outils Montessori ont été validés par la direction nationale de la petite enfance pour faire partie des kits éducatifs de l’école maternelle.
« J’ai reçu la visite de l’Unesco. Le ministère a amené l’Unicef pour lui demander de l’accompagner à doter des écoles maternelles de ces matériels. Jusqu’à présent on attend les réponses », poursuit-elle.
La pédagogue a formé 3 enseignants et des moniteurs ont été émerveillés d’avoir tous ces matériels de Montessori qui selon eux, concrétisent l’apprentissage des enfants. Avec ces outils les enfants comprennent ce qu’ils sont en train d’apprendre. « La pédagogie Maria Montessori demande à prendre en compte l’enfant, savoir qu’il est une personne avec des désirs, sentiments comme un adulte. Il faut le respecter en lui donnant sa place dans la société », explique la pédagogue.
Le prix des matériels Montessori est très élevé pour permettre l’accès aux Africains. Cependant elle a jugé nécessaire d’acheter ses propres machines de fabrication de bois. Elle a ensuite embauché des menuisiers. Depuis deux ans, elle travaille avec une menuisière malienne, Mariam Keita.
Avec les matériels Montessori, les enfants de 3 à 6 ans apprennent la vie pratique c’est-à-dire à cuisiner, coudre, se laver, s’habiller tout seul.
Très pratiquante, Mme Tshombé explique que son inspiration lui vient tout naturellement un matin. Mais bien avant, en 2010 les cinquantenaires des Etats d’Afrique francophone l’ont amené à réfléchir sur tous les problèmes auxquels nos pays africains sont confrontés (santé, éducation, sécurité…).
« J’ai remarqué qu’en France il y a plus de 15 000 écoles maternelles publiques. Chez nous en pays francophone, l’éducation préscolaire est plus ou moins dans les mains des écoles privées. A Bamako on parle plutôt du Centre de développement de la petite enfance et les écoles maternelles sont des privés. J’ai compris qu’il y a problème dans l’enseignement que nous donnons à nos enfants. J’ai étudié en ce moment la pédagogie avec d’autres pays pour voir quel mode d’enseignement ils donnent à leurs enfants pour éveiller leur conscience et devenir des adultes de demain », nous informe-t-elle.
On apprend avec Mme Tshombé que l’enfant est la racine de l’homme. Et si cette racine n’est pas nourrie et entretenue dès le bas-âge, l’arbre ne poussera pas droit. Aujourd’hui les crimes et délinquances selon elle, impliquent que les 10 commandements que Dieu a mis dans les cœurs ont été effacés. L’éducation de la famille et l’enseignement scolaire font un adulte.
Elle souligne que beaucoup de nos écoles maternelles privées font très bien leur travail et d’autres qui ne cherchent que l’argent, ne s’intéressent pas du tout à ce que l’enfant pourrait recevoir comme éducation. Les enfants récitent les lettre et chiffres qu’on lui répète sans pourtant savoir leur signification.
Après avoir étudié tous les grands pédagogues, elle s’est inspirée de Maria Montessori qui était une médecin et psychologue. Celle-ci encadrait plusieurs enfants souffrant du déficient mental à partir des matériels qu’elle fabriquait. A cette époque on remarquait qu’à 5 ans les enfants savaient déjà lire et écrire.
« La neuroscience a déterminé comment l’enfant apprend. On suit le développement de l’enfant pour l’aider à acquérir des connaissances. Il faut lui apprendre avec les organes de sens, lui pousser à réfléchir et résoudre des problèmes. Plus les gens sont éduqués moins on peut les manipuler », a-t-elle informé.
En dehors du système éducatif Montessori Uzany essaie également de puiser des stratégies dans d’autres pédagogies afin de rendre meilleure la qualité de l’enseignement.
Fatoumata Kané
Source: Mali Tribune

